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	<title>Noël parmi nous</title>
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		<title>Noël parmi nous</title>
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		<title>Noël ?</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Dec 2008 15:32:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Enfants]]></category>
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		<description><![CDATA[Max Bolliger
Noël ?
Mont-Près-Chambord, Bilboquet, 2002  
Assia ne connaît pas Noël.
Assia venait d’un autre pays où l’on célébrait des fêtes différentes.
Noël
Joyeux Noël !
Assia lisait ces mots partout.
Les rues avaient revêtu des habits de lumière.
Des chorales chantaient des cantiques de Noël.
Les magasins proposaient
des bûches de Noël,
des cartes de Noël,
des bougies de Noël,
des décorations de Noël,
des dindes [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&blog=2172533&post=72&subd=noelparminous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p>Max Bolliger<br />
<em>Noël ?</em><br />
Mont-Près-Chambord, Bilboquet, 2002  </p>
<p>Assia ne connaît pas Noël.<br />
Assia venait d’un autre pays où l’on célébrait des fêtes différentes.</p>
<p><em>Noël<br />
Joyeux Noël !</em></p>
<p>Assia lisait ces mots partout.<br />
Les rues avaient revêtu des habits de lumière.<br />
Des chorales chantaient des cantiques de Noël.<br />
Les magasins proposaient<br />
des bûches de Noël,<br />
des cartes de Noël,<br />
des bougies de Noël,<br />
des décorations de Noël,<br />
des dindes de Noël…</p>
<p>L’entrée des grands magasins était cachée par une forêt de sapins de Noël.<br />
Les vitrines des boutiques proposaient mille choses.<br />
« Les gens avaient-ils besoin de tout cela ? » s’émerveillait la petite fille.</p>
<p>Mais le plus extraordinaire c’était les anges qui flottaient en l’air.<br />
Et Assia se demandait comment ils étaient accrochés au ciel.</p>
<p>Assia avait les cheveux bouclés et la peau mordorée.<br />
Un jour, elle avait entendu des voisins.<br />
« Qui est cette petite étrangère ? Où vit-elle ? D’où vient-elle ? »<br />
Assia venait d’un pays de guerre ou beaucoup de gens étaient affamés et persécutés.<br />
Assia était une réfugié.</p>
<p>Le 1er décembre, sur le bureau de la maîtresse, les élèves découvrirent une couronne sur laquelle étaient plantées quatre bougies et des pommes de pin dorées.<br />
« Oh ! quel bel avent ! » crièrent les enfants.<br />
Avent !<br />
Un autre mot qu’Assia n’avait jamais entendu.<br />
« Il doit avoir un rapport avec Noël », pensa-t-elle.<br />
Lorsque la maîtresse alluma la première bougie, Assia s’arma de courage et demanda :<br />
« Noël, qu’est-ce que c’est ?<br />
— Oui ! Qu’est-ce que c’est Noël ? » reprit la maîtresse un peu surprise.<br />
Mais les enfants éclatèrent de rire.<br />
Tout le monde savait ce que c’était Noël !<br />
Les élèves parlaient tous en même temps.<br />
« Noël, c’est quand nous décorons la maison. »<br />
« Noël, c’est quand nous dessinons des étoiles sur les fenêtres. »<br />
« Quand ma mère fait des gâteaux. »<br />
« Quand j’écris ma lettre au Père Noël. »<br />
« Quand le Père Noël dépose les cadeaux au pied du sapin. »<br />
« Quad nous allons à la mer. »<br />
« Quand j’ai une nouvelle bicyclette. »<br />
« Quand je reçois une grande poupée. »<br />
« Quand ma grand-mère me donne une pièce. »<br />
« Quand mes grands-parents viennent nous voir. »<br />
« Quand je fais des paquets-cadeaux. »<br />
« Quand je décore le sapin avec papa. »<br />
Les enfants racontaient encore et encore tout ce qu’ils faisaient à Noël.<br />
Mais Assia ne comprenaient toujours pas ce que c’était Noël.<br />
« Pour nous, dit la maîtresse, Noël, c’est l’occasion de vous raconter une très vieille histoire. L’histoire de la naissance de Jésus. L’histoire de la nuit de Noël.</p>
<p>Marie et Joseph cherchant une auberge.<br />
Le méchant aubergiste qui les renvoya.<br />
La venue des bergers, l’apparition des anges.<br />
Les trois Rois mages guidés par l’étoile jusqu’à Béthléem, et parmi eux Melchior, le roi à la peau foncée, comme Assia. »</p>
<p>Assia écoutait attentivement.<br />
« Et, continua la maîtresse, lorsque nous jouerons cette histoire, l’un d’entre vous devra tenir le rôle de Melchior. »<br />
Soudain, le silence se fit.<br />
Le garçon à côté d’Assia caressa doucement la tête de la petite fille.<br />
Assia sourit et murmura :<br />
« Maintenant, je sais. Noël, c’est quand je suis heureuse ! »</p>
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		<title>Le facteur de Noël</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Dec 2008 15:31:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Enfants]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Noël]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette année-là, dans une jolie maison de bois, au cœur d’un village finlandais, tout le monde prépare Noël avec joie, dans les odeurs mêlées du sapin et du pain frais.
Papi Kari prend Sami sur ses genoux et lui dit :
— Maintenant que tu as six ans, je vais t’offrir un cadeau surprenant. Mais auparavant, il [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&blog=2172533&post=70&subd=noelparminous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:justify;">Cette année-là, dans une jolie maison de bois, au cœur d’un village finlandais, tout le monde prépare Noël avec joie, dans les odeurs mêlées du sapin et du pain frais.<br />
Papi Kari prend Sami sur ses genoux et lui dit :<br />
— Maintenant que tu as six ans, je vais t’offrir un cadeau surprenant. Mais auparavant, il faut que je te raconte pourquoi il est si précieux et pourquoi tu devras en prendre soin de ton mieux…<br />
Lorsque j’étais enfant comme toi, il n’y avait ni Internet, ni fax ni téléphone à sonnette, ni télévision, ni toutes sortes de gadgets à boutons ! Pour donner de leurs nouvelles, les gens s’envoyaient des lettres et, en fin d’année, de nombreuses cartes de vœux. Le facteur était donc un homme important, surtout aux yeux des enfants, qui lui confiaient soigneusement leurs souhaits pour le Père Noël…<br />
Moi, ce que j’admirais le plus chez notre facteur, c’était sa voiture de bois vernis. Je l’aimais de tout mon cœur. Et notre facteur aussi ! Car il l’avait héritée de son père, qui était lui-même postier.<br />
Le soir, dans mon lit, je l’imaginais traversant toute la Finlande pour aller poster mon courrier, par monts et vallées, bois et landes, jusque chez le Père Noël, dans son atelier de jouets.<br />
Pourtant, l’année de mes six ans, il arriva quelque chose d’étonnant.<br />
Un peu avant Noël, le facteur partit faire sa tournée, comme à l’accoutumée.<br />
Mais, le lendemain, personne ne le vit. Le postier semblait avoir disparu en fumée… Sa voiture s’était évanouie ! Certains enfants s’imaginèrent qu’il avait été kidnappé par des ours gangsters. D’autres affirmaient qu’il avait été grignoté par des trolls dévoreurs de papier.<br />
Les plus grands pensaient qu’il avait roulé sur un lac gelé, que la glace s’était brisée et que voiture et facteur s’étaient noyés.<br />
Des chasseurs prétendirent qu’il s’était transformé en monstre des glaces. On le chercha en vain et, un matin, une tempête effaça toutes traces.<br />
Alors chacun oublia un peu le pauvre facteur malchanceux pour préparer le réveillon de son mieux.<br />
On respecta toutes les traditions : on se demanda pardon pour les disputes, les rancunes et les mauvaises blagues des autres saisons. On suspendit des boules aux branches.<br />
On se rendit ensemble au sauna. On se baigna dans le lac malgré le froid. On se reposa en silence. Et, quand la journée fut achevée, on s’apprêta pour la veillée.<br />
À minuit, les villageois réunis eurent une pensée émue pour leur postier disparu. Les enfants espéraient qu’il ne lui était rien arrivé de mal et qu’il avait porté leurs lettres chez le Père Noël dans le Grand Nord glacial. Seul, le mauvais temps avait dû l’empêcher de revenir avec eux pour se réjouir et festoyer jusqu’au matin.<br />
Cette année-là, nous reçûmes tous un cadeau. Mais on aurait dit que le Père Noël était déboussolé… Mon cousin reçut un livre à la place du train de bois espéré, ma sœur une carabine, et moi, une petite cuisine ! Heureusement que nous avons tout échangé !<br />
Une année s’écoula sans qu’on vit ni le postier ni sa voiture. Nous l’avions presque oublié quand arriva le Noël suivant.<br />
À la sortie de l’église, dans la lumière tremblante des bougies allumées sur les tombes, nous vîmes une ombre s’étirer à terre sur le sol du cimetière.<br />
C’était notre facteur disparu !<br />
Tout le monde l’entoura et le pressa de questions. Il nous expliqua que, lassé de faire tous les jours le même trajet, l’envie l’avait saisi de faire une tournée buissonnière et d’aménager sa voiture pour qu’elle ait meilleure allure. Tout d’abord, il avait transformé l’arrière en sauna. Et, lorsqu’il avait été à court de carburant, il avait attelé à l’avant deux grands rennes élégants.<br />
Il avait savouré de long et délicieux moments dans sa voiture-saune. Puis il s’était baigné dans les rivières et les lacs gelés. Dans la splendeur des aurores boréales, il avait poursuivit son voyage…<br />
Ainsi, il avait parcouru le pays… Et bientôt, il était arrivé en Laponie. Il s’y senti si bien qu’il y avait vécu heureux et sans soucis. Au rythme des saisons, il avait pêché le saumon et d’autres excellents poissons. Il s’était régalé de fruits… avant d’être dévoré, le temps d’un trop court été, par des moustiques un peu affamés. Ensuite, il avait sillonné les immensités enneigées jusqu’au repaire du Père Noël.<br />
Mais celui-ci était absent. Il avait bien aperçu les lutins dans son atelier. De peur de les déranger, notre facteur était reparti sans se présenter.<br />
Après nous avoir tout raconté, le facteur nous demanda de l’excuser de s’être laissé aller à vagabonder. Et, comme le veut la tradition, chacun lui pardonnait volontiers. Même moi, qui suis pourtant rancunier ! Je ne devais pas le regretter…<br />
Ma famille l’invita à diner et, au cours de la veillée, il me tendit ce petit paquet en s’écriant à pleine voix : « C’est pour toi… je l’ai sculpté de mes doigts ! ». Papi Kari se tait d’un air amusé, son histoire est terminé.<br />
Il tend à Sami un paquet très joliment emballé.<br />
Sami l’ouvre, un peu surpris. Et il sort de la boîte une petite auto de bois verni !<br />
Une réplique, en miniature, de la voiture qui a conduit le postier, là-bas, chez le Père Noël, dans son atelier de jouets…</p>
<p style="text-align:justify;">Nicolas Barberon<br />
<em>Le facteur de Noël</em><br />
Paris, Ed. La Découverte &amp; Syros, 2000</p>
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		<title>Une petite place dans l’étable</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Dec 2008 15:28:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Histoires]]></category>
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		<description><![CDATA[C’est une froide nuit d’hiver.
Gentil Bœuf somnole dans son étable, à proximité de l’auberge.
Vieux Chien vient à passer. Il s’arrête devant la porte.
« Je cherche un endroit pour me reposer », dit Vieux Chien.
« Entre donc, dit Gentil Bœuf. Il y a toujours une petite place ici. »
Vieux Chien entre et s’allonge dans la paille. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&blog=2172533&post=67&subd=noelparminous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:justify;">C’est une froide nuit d’hiver.<br />
Gentil Bœuf somnole dans son étable, à proximité de l’auberge.<br />
Vieux Chien vient à passer. Il s’arrête devant la porte.<br />
« Je cherche un endroit pour me reposer », dit Vieux Chien.<br />
« Entre donc, dit Gentil Bœuf. Il y a toujours une petite place ici. »<br />
Vieux Chien entre et s’allonge dans la paille. Il se blottit contre Gentil Bœuf, et partage avec lui la chaleur de l’étable.<br />
Chat Errant pointe son museau. Il voit Vieux Chien et s’immobilise. Chat Errant hérisse ses poils et fait le gros dos.<br />
« Je ne vais pas te chasser », dit Vieux Chien.<br />
« Entre donc, dit Gentil Bœuf. Il y a toujours une petite place ici. »<br />
Chat Errant entre dans l’étable. Il se pelotonne dans la paille près de ses nouveaux amis et il ronronne doucement.<br />
Souris Grise arrive devant la porte de l’étable. Elle voit Chat Errant et elle tremble de peur.<br />
« Tu ne crains rien ici, je ne te ferai aucun mal », dit Chat Errant.<br />
« Entre donc, dit Gentil Bœuf. Il y a toujours une petite place ici. »<br />
Souris Grise trottine à l’intérieur de l’étable. Elle se niche dans la tiédeur de la paille et elle s’endort paisiblement.<br />
Voici Âne Fourbu qui approche. Joseph le mène par la bride.<br />
Marie est sur le dos d’Âne Fourbu. Joseph a froid et Marie est épuisée, mais il n’y a plus de chambre à l’auberge.<br />
« Où naîtra mon bébé ? » s’inquiète Marie.<br />
« Entre donc, dit Gentil Bœuf à Âne Fourbu. Il y a toujours une petite place ici. »<br />
Âne Fourbu conduit Marie dans l’étable. Joseph prépare un lit de paille bien sèche pour protéger Marie du froid de la nuit.<br />
Ainsi naît Jésus, entouré d’animaux.<br />
Gentil Bœuf, Vieux Chien, Chat Errant, Souris Grise et Âne Fourbu l’accueillent dans la chaleur de leur étable.<br />
Par une froide nuit d’hiver, sous un ciel étoilé… Jésus vient au monde.</p>
<p>Martin Wadell<br />
<em>Une petite place dans l’étable </em><br />
Paris, Kaléidoscope, 2004</p>
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		<item>
		<title>Ethnologie de Noël : une fête paradoxale</title>
		<link>http://noelparminous.wordpress.com/2008/12/17/ethnologie-de-noel-une-fete-paradoxale/</link>
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		<pubDate>Wed, 17 Dec 2008 15:23:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Avent]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Noël]]></category>

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		<description><![CDATA[Ethnologie de Noël : une fête paradoxale


L’ « Esprit de Noël » Naissance de la fête moderne au XIXe siècle
Un repas de Noel en famille, nous ne connaissons rien dans la nature qui soit plus merveilleux. Il semble y avoir une magie dans le nom même de Noël. Les jalousies et les discordes mesquines sont [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&blog=2172533&post=62&subd=noelparminous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:center;"><strong>Ethnologie de Noël : une fête paradoxale</strong></p>
<p style="text-align:center;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align:left;"><strong>L’ « Esprit de Noël » Naissance de la fête moderne au XIXe siècle</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Un repas de Noel en famille, nous ne connaissons rien dans la nature qui soit plus merveilleux. Il semble y avoir une magie dans le nom même de Noël. Les jalousies et les discordes mesquines sont oubliées : les sentiments de sociabilité se réveillent dans les cœurs qu’ils avaient depuis longtemps désertés (…) Et tout n’est que bonté et bienveillance.</p>
<p style="text-align:right;">Charles Dickens,<br />
<em>Sketches for Boz</em> (1836).</p>
<p style="text-align:justify;">C’est d’abord à l’Angleterre victorienne puis à l’Amérique de Roosevelt que l’on doit la forme contemporaine de la célébration familiale de Noël. La bourgeoisie d’alors, adepte et prosélyte d’une morale exaltant les vertus de la famille et fascinée par la réussite sociale et économique des siens, va s’emparer de cette -fête pour lui faire incarner et symboliser ses nouvelles valeurs. Elle lui octroiera du même coup une place centrale, inconnue jusque-là, dans le cycle festif annuel.<br />
Si certains historiens anglo-saxons ont pu parler à ce sujet d’une « invention victorienne », la transformation profonde du sens même de la fête de Noël est aussi directement liée à l’avènement d’un nouveau souci pour la vie privée. Bien qu’elle existât dans les grandes maisons aristocratiques, la « réunion de famille » n’occupait pas encore la place centrale qui sera la sienne désormais et les enfants n’étaient pas encore l’objet d’une attention particulière à cette occasion. Là réside sans doute l’ingéniosité, sinon l’inventivité de cette société qui a su tirer parti d’une fête collective, riche de ses références païennes et populaires, pour valoriser le « foyer » qui devient à cette époque une sorte de refuge, un rempart face à une société qui s’industrialise brutalement. La famille comme la privacy furent alors des aspirations prioritaires et Noël apparut comme la scène opportune de leur ritualisation, celle où allait pouvoir s’exhiber de façon allégorique la distinction entre les deux sphères, privée et publique.<br />
Pour aller de l’une à l’autre, certains passages deviennent des pratiques obligées et surtout conformes au nouveau rêve bourgeois. Parmi ces pratiques, la charité se révélera la plus gratifiante et la moins menacée. Or Noël est la période de l’année où le sentiment et la pratique charitables pourront se déployer avec toute l’emphase voulue et donner un temps l’illusion que l’injustice sociale a trouvé son remède.<br />
Famille, enfance et charité forgeront dès lors une sorte de nouvelle « trinité » profane, qui va à présent façonner l’éthique autant religieuse que laïque de la fête et séduire progressivement les bourgeoisies européennes mais aussi celles outre-Atlantique. Après l’Angleterre, l’Allemagne et l’Amérique, c’est en France au milieu du xxe siècle que les familles vont à leur tour célébrer Noël en « s’autocélébrant », selon l’expression d’Anne Martin-Fugier qui montre qu’un passage s’effectue à cette époque précise « du rituel religieux au rituel familial ». Noël comme la villégiature d’été vont faire désormais partie des grands rites de rassemblements familiaux qui scandent l’année bourgeoise.<br />
Mais le rituel religieux n’est pas le seul à subir ce transfert sur la famille. C’est tout un ensemble de traditions païennes, anciennes et collectives qui se trouvent ainsi pourrait-on dire « privatisé » ou parfois abandonné, car ce recentrement sur le foyer s’accompagne aussi d’un début d’uniformisation des traditions et du décor. Dès le milieu du xIxe siècle se produit, en effet, un vaste mouvement syncrétique qui va privilégier certains usages au détriment d’autres. Ainsi voit-on se propager dans plusieurs pays d’Europe des coutumes similaires, comme celle des chaussettes pendues devant la cheminée, celle du sapin décoré, qui sont toutes deux d’origine allemande, ou encore celle des cartes de souhait qui vient de naître en Angleterre. Ce scénario domestiqué et ce consensus décoratif signent l’entrée de Noël dans la modernité.</p>
<p style="text-align:left;"><strong>DES CADEAUX PAR MILLIERS&#8230; ou les paradoxes de la consommation sentimentale</strong></p>
<p style="text-align:right;">Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel,<br />
Avec des jouets par milliers,<br />
N’oublie pas mon petit soulier.</p>
<p style="text-align:right;">TINO Rossi.</p>
<p style="text-align:right;">A l’intérieur du magasin, c’est comme un grand chapiteau de lumière. On se croirait au cirque Medrano. On pourrait y faire du trapèze volant avec les grands lustres en cristal et regarder des tigres du Bengale sauter dans le « O » enflammé de Noël&#8230; C’est comme au cirque, mais ça sent pas la ménagerie. Ça sent Noël.<br />
DANIEL PICOULY.</p>
<p style="text-align:justify;">Lorsque Tino Rossi entonne, en décembre 1946, ce refrain qui deviendra l’un des plus célèbres du patrimoine de la chanson française, ce sont les jouets qui tombent de la hotte par milliers ; il fallait bien que leur nombre rime avec soulier et cette nécessaire assonance donnait du même coup l’idée de la dépense sans limites que Noël autorisait dans l’imaginaire de l’après-guerre.<br />
Un demi-siècle plus tard, en décembre 1998, le quotidien <em>Libération</em> publie un hors-série illustré par la photographie d’un jeune homme scrutant la fameuse orange qui, telle une boule de cristal, doit lui révéler le secret des « présents très singuliers ». La même année la Fnac réutilise ce bel agrume et lui découpe des yeux en étoiles.<br />
Que l’orange, le plus humble des présents de Noël, un des meilleurs souvenirs d’enfance modeste, soit devenue un argument publicitaire efficace pour des cadeaux toujours plus sophistiqués n’est qu’un paradoxe supplémentaire dans la longue série de ceux que la fête a générés depuis un siècle.<br />
Si l’échange de cadeaux en famille est une pratique datant seulement du milieu du XIXe siècle, le fait le plus surprenant est que Noël, dès cette époque, devient l’objet d’une exploitation commerciale, en effet, systématique. La fête victorienne est déjà l’occasion de dépenses « inconsidérées », que favorisent l’expansion du petit commerce et l’apparition du fameux <em>Christmas shopping</em>. Synonyme d’excitation, de fatigue et surtout de dépense, celui-ci deviendra bientôt un élément essentiel des préparatifs de la fête.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Le « Christmas shopping » ; un nouveau rituel</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Si depuis le Moyen Age Noël a entraîné le monde à festoyer, il s’agissait surtout de faire bonne chère et, jusqu’à la moitié du xIx siècle, la nourriture en fut l’unique dépense et la principale manifestation. Les commerces puis les marchés en ville étaient les premiers à annoncer que la fête avait commencé. Les épiceries de Londres regorgeaient de denrées appétissantes et exotiques, les gens les plus modestes se pressaient pour faire cuire leur dîner chez le boulanger. Des gravures parues dans I<em>llustrated London News</em> dans les années 1840 montrent les marchés de Newgate et Leadenhall littéralement envahis par les oies, les dindes (alors importées de France et d’Allemagne) et des porcs entiers suspendus en rangs serrés au-dessus des étals des bouchers. L’impression d’abondance domine ; des femmes en capeline et crinoline accompagnées d’hommes coiffés d’un haut-de-forme et d’enfants poussant des cerceaux circulent et choisissent l’oie ou la dinde qu’elles feront servir le soir de Noël. Un journaliste français de passage note que « le Londres de Noël ne ressemble en rien au Londres des cinquante-quatre autres semaines de l’année ». Il change d’aspect dès le milieu du mois de décembre. Quand approche le 20, on ne le reconnaît plus, il devient aussi gai qu’il est triste d’habitude&#8230; Les boutiques rivalisent de coquetterie pour attirer les chalands&#8230; celles où se débitent comestibles ou boissons se parent de leurs marchandises les plus attrayantes ou d’ornements étrangers. Dickens a livré une description aussi vivante que précise de l’ambiance qui régnait à Londres en cette veille :</p>
<p style="text-align:justify;">Le rayonnement des magasins où les baies et les feuilles de houx craquaient à la chaleur des lampes des devantures mettait un reflet rouge sur les figures pâles des passants. Les boutiques des rôtisseurs et des épiciers offraient aux yeux un décor splendide, un spectacle de rêve avec lequel il semblait impossible que les principes vulgaires de la vente et de l’achat pussent avoir la moindre relation.</p>
<p style="text-align:justify;">Cette dernière remarque fut prémonitoire, car Noël, nous le verrons, sera dès 1820, à New York, utilisé par la publicité comme un argument permettant de sublimer et de moraliser la relation marchande.<br />
Mais la véritable innovation est celle de l’achat des cadeaux qui va prendre la forme d’un véritable rituel. celui de la visite aux grands magasins. Mark Connelly n’hésite pas à parler d’une « culture des grands magasins qui se développe vraiment en Angleterre vers 1870 ».<br />
Si l’achat de cadeaux n’était pas jusqu’à cette époque une pratique courante, il va « devenir la partie la plus visible et la plus significative du Noël anglais à la fin du xIxe siècle », poursuit Mark Connelly. Mais il n’intéresse encore que les plus aisés. Une gravure d’<em>Illustrated London News</em> du 24 décembre 1853 confirme l’origine bourgeoise de ces premiers consommateurs. Dans une calèche, le père, portant haut-de-forme et redingote, lit son journal. Bien qu’elles soient toutes <em>Des cadeaux par milliers&#8230;</em> profondément endormies, épuisées sans nul doute par les courses faites dans les magasins de Londres, la mère et les trois fillettes emmitouflées dans des manteaux doublés d’hermine et coiffées d’élégants chapeaux à plumes serrent encore leur manchon contre elles. La mère tient d’une main molle un tambour et un cheval de bois, tandis qu’à ses pieds on devine un cerceau et quelques paquets enrubannés. Le titre est évocateur et ironique : « Le prix de Noël ».<br />
Mais alors que l’« esprit de Noël » victorien contient encore une critique implicite du matérialisme dans lequel sombre la fête, à la même période aux Etats-Unis, Santa Claus endosse sans complexes, et en dépit de quelques vitupérations puritaines, le rôle du dieu débonnaire et hédoniste de la société de consommation naissante.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">Martyne Perrot<br />
<em>Ethnologie de Noël : une fête paradoxale </em><br />
Paris, B. Grasset, 2000</p>
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		<title>Le clown de Noël</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Dec 2008 15:21:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’est la veille de Noël. Au milieu des boules scintillantes, des étoiles dorées et des anges transparents de la boutique, Stan choisit le petit clown pour décorer son sapin.
Une fois rentré à la maison, Stan ne peut se sépares de son nouvel ami, il préfère le garder avec lui.
« Tu est mon clown de Noël [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&blog=2172533&post=60&subd=noelparminous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:justify;"><span style="color:#003366;">C’est la veille de Noël. Au milieu des boules scintillantes, des étoiles dorées et des anges transparents de la boutique, Stan choisit le petit clown pour décorer son sapin.<br />
Une fois rentré à la maison, Stan ne peut se sépares de son nouvel ami, il préfère le garder avec lui.<br />
« Tu est mon clown de Noël », lui dit-il.<br />
Le soir, Stan l’emporte avec lui dans son lit et pense très fort avant de s’endormir :<br />
« Pourvu qu’il neige cette nuit ! »<br />
Tout est calme maintenant dans la maison. Tout le monde dort.<br />
« Réveille-toi, Stan, murmure le clown de Noël à son oreille. Regarde, il neige, allons voir dehors !<br />
— D’accord, dit Stan, faisons un bonhomme de neige ! Avec un nez et un bouton sur sa veste, il est magnifique !<br />
Et si nous allions maintenant glisser sur la colline ? Ce serait vraiment rigolo ! »<br />
Mais qui voilà, avec son gros baluchon ?<br />
« Bonsoir père Noël ! Avez-vous besoin d’aide pour tous ces cadeaux ?<br />
— C’est vraiment gentil, répond le père Noël. Je suis un peu en retard, et beaucoup d’enfants attendent encore.<br />
Voilà les cadeaux pour cette maison, dit le père Noël, faites bien attention. »<br />
Avec précaution, Stan et le petit clown déposent les précieux +aquets au pied de l’arbre.<br />
Comme c’est amusant !<br />
Et ils recommencent dans toutes les maisons ! Pas question de s’endormir !<br />
Toute la nuit, ils accompagnent ainsi le père Noël, à travers les collines et les vallées.<br />
Enfin, les voilà dans la dernière maison.<br />
« Je n’aurais pas pu me débrouiller sans vous remercier. »<br />
Le petit clown change aussitôt de bonnet mais Stan préfère offrir le sien au bonhomme de neige qui a bien froid.<br />
Le jour commence à se lever et il est temps de retourner à la maison.<br />
« Rentrez vite chez vous », dit le père Noël.<br />
Mais la luge va un peu trop vite, et Stan se retrouve assis dans les flocons !<br />
« Où es-tu petit clown ? Où es-tu ? »</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#003366;"><br />
</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#003366;">Stan se réveille soudain : il est dans son lit et le petit clown a disparu. « Quel dommage, ce n’était qu’un rêve… se dit Stan tout déçu.<br />
— Stan ! Viens vite voir le sapin ! » appelle maman.<br />
Au milieu des boules et des guirlandes, le petit clown sourit, et… il porte un nouveau bonnet…</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#003366;">Coby Hol<br />
<em>Le clown de Noël </em><br />
Paris, Hatier, 2003</span></p>
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		<title>L’auberge du ciel</title>
		<link>http://noelparminous.wordpress.com/2008/12/17/l%e2%80%99auberge-du-ciel/</link>
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		<pubDate>Wed, 17 Dec 2008 15:19:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Avent]]></category>
		<category><![CDATA[Crèche]]></category>
		<category><![CDATA[Enfants]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Noël]]></category>
		<category><![CDATA[Paix]]></category>

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		<description><![CDATA[« Qui sont donc ces gens ? » demanda le jeune Daniel à son père. Celui-ci était le propriétaire de l&#8217;«Auberge du ciel», et il venait d&#8217;autoriser un homme et une femme à passer la nuit dans l&#8217;étable. Il aurait préféré ne pas avoir à le faire; ce couple avait l&#8217;air plutôt pauvre, et la [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&blog=2172533&post=57&subd=noelparminous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:justify;"><span style="color:#003366;">« Qui sont donc ces gens ? » demanda le jeune Daniel à son père. Celui-ci était le propriétaire de l&#8217;«Auberge du ciel», et il venait d&#8217;autoriser un homme et une femme à passer la nuit dans l&#8217;étable. Il aurait préféré ne pas avoir à le faire; ce couple avait l&#8217;air plutôt pauvre, et la femme ne semblait pas aller bien, toute petite et pâle, assise sur son âne. Mais, tout bien réfléchi, cela ne le regardait pas, lui, l&#8217;aubergiste. L&#8217;étable se trouvait à un jet de pierre de l&#8217;auberge. Il espérait seulement que ces gens ne lui créeraient pas d&#8217;ennuis.<br />
« Dis-moi, Papa, qui sont ces gens là-bas dans retable ? » répéta Daniel avec impatience.<br />
« De pauvres mendiants », répondit brièvement son père.<br />
« Pourquoi ne leur as-tu pas donné un lit dans l&#8217;auberge? demanda Daniel. Ils auraient pu dormir dans ma chambre. »<br />
« Et toi alors, mon fils, où aurais-tu dormi? Dans l&#8217;étable, peut-être? »<br />
« Pourquoi pas? »<br />
« Ce n&#8217;est pas un endroit pour toi. N&#8217;oublie pas que tu es le fils de l&#8217;aubergiste ! » lui rappela son père.<br />
« Non, je ne l&#8217;oublie pas, et j&#8217;en suis fier. Mais le ciel n&#8217;accueille-t-il pas tout le monde ? » demanda Daniel.<br />
« Que veux-tu dire ? »<br />
« N&#8217;est-ce pas ici l’«Auberge du ciel» ? »<br />
« Oui, bien sûr. Et quel beau nom je lui ai trouvé, n&#8217;est-ce pas ? » répondit son père.<br />
« Sans aucun doute. Et c&#8217;est bien pour cela que tu dois y accueillir tout le monde, Papa ! s&#8217;écria Daniel. Les riches et les pauvres ! »<br />
« Comme tu as des idées bizarres, Daniel, dit son père, étonné. Allons, laisse-moi tranquille maintenant, et cesse de poser des questions inutiles. La maison est remplie de monde et j&#8217;ai des tas de choses à faire. Arrête de t&#8217;inquiéter pour ces gens dans l&#8217;étable. Tu ferais mieux d&#8217;aider ta mère à préparer la bouillie de millet. »<br />
« Est-ce que je peux en porter aussi un peu à l&#8217;homme et à la femme dans l&#8217;étable, Papa ? »<br />
« Il n&#8217;en est pas question ! J&#8217;ai déjà peur qu&#8217;il n&#8217;y en ait pas assez pour tous mes clients. Alors je ne peux pas en donner à ces gens dans l&#8217;étable. Même pas une cuillerée. Crois-tu seulement qu&#8217;ils auraient de quoi payer ? Je n&#8217;en ai pas l&#8217;impression. Allons, laisse-moi tranquille. »<br />
Déçu, Daniel alla trouver sa mère. « Je vais lui en parler à elle », se dit-il. Mais sa mère n&#8217;avait pas de temps à lui consacrer. « Arrête tes bavardages, gronda-t-elle. Ne vois-tu pas que j&#8217;ai du travail par-dessus la tête ? Laisse-moi tranquille, et va plutôt tourner la bouillie sur le feu pour qu&#8217;elle n&#8217;attache pas. »<br />
Daniel tournait distraitement la bouillie. Il pensait à l&#8217;homme et à la femme qui étaient dans l&#8217;étable. Il y pensait sans arrêt.<br />
La nuit était tombée maintenant. Depuis un long moment, le calme régnait dans la maison. Tout le monde donnait.<br />
Seul Daniel ne parvenait pas à fermer les yeux. Comme il faisait clair dehors !<br />
Daniel alla à la fenêtre. Il se dressa sur la pointe des pieds. Et que vit-il ? Au-dessus de l&#8217;étable, il y avait une étoile brillante qui la baignait dans une clarté radieuse. Qu&#8217;est-ce que cela pouvait bien signifier ? Fallait-il qu&#8217;il réveille son père et sa mère ? Il se dit qu&#8217;il ne valait mieux pas. Ils ne le laisseraient probablement pas courir jusqu&#8217;à l&#8217;étable. Et c&#8217;est justement ce que Daniel avait envie de faire. Alors, en silence, il se glissa hors de la maison et se mit à courir.<br />
Mais arrivé devant l&#8217;étable, il s&#8217;arrêta net. Il était abasourdi par ce qu&#8217;il voyait : dans un coin de l&#8217;étable, la femme était assise, avec un bébé dans les bras. A ses côtés se tenait l&#8217;homme, qui les contemplait tous deux avec amour. Daniel n&#8217;osa pas entrer. Il vit alors des bergers s&#8217;approcher de l&#8217;étable. L&#8217;un d&#8217;eux demanda à Daniel : « Pourquoi restes-tu là ? N&#8217;as-tu pas entendu les anges chanter ? Leur chant disait qu&#8217;un roi était né dans une étable. » Non, Daniel n&#8217;avait rien entendu. Rien du tout ! C&#8217;était seulement la lumière dans la nuit qui l&#8217;avait empêché de dormir. Et c&#8217;était cet enfant sur la paille qui devait être le nouveau roi ? Le roi dont on parlait depuis si longtemps ?<br />
Daniel finit par suivre les bergers dans l&#8217;étable. Ils allèrent s&#8217;agenouiller devant l&#8217;enfant. Daniel aussi s&#8217;agenouilla. Puis il regarda la femme, la mère de l&#8217;enfant. Elle était vraiment très pâle. Il lui semblait qu&#8217;elle arrivait à peine à se tenir droite. Elle venait de donner naissance à un enfant. Daniel se souvint alors de sa propre mère, lorsque sa petite sœur venait de naître. Comme on l&#8217;avait entourée ! Elle avait passé trois jours dans son lit, chaudement couverte. Toutes les heures, Papa lui avait apporté de la bouillie. Et on avait battu deux œufs dedans pour aider maman à reprendre des forces.<br />
De la bouillie ! A l&#8217;auberge, les restes de la bouillie de millet étaient encore au coin du feu. Daniel ne prit même pas le temps de réfléchir. Il courut jusqu&#8217;à la maison. Il alla même prendre deux œufs dans le garde-manger, les battit dans la bouillie et porta ensuite le chaudron jusqu&#8217;à l&#8217;étable. C&#8217;était un énorme chaudron très lourd, mais il y arriva. Il donna la bouillie à la femme qui lui sourit avec reconnaissance. Daniel voyait comme cela lui faisait du bien. La couleur revenait à ses joues. Quand elle eut suffisamment mangé, elle fît signe à son mari. Alors, l&#8217;homme prit le chaudron et mangea à son tour. Lui aussi sourit à Daniel.<br />
Daniel aurait voulu sourire en retour, mais il pensait à son père. Que dirait-il en trouvant le chaudron vide, demain ? Et sa mère, qu&#8217;allait-elle dire, elle aussi ? Daniel se dit qu&#8217;il ferait peut-être mieux de ne pas rapporter le chaudron du tout. Alors, il sortit en courant de l&#8217;étable. Il ne voulait plus rien voir, plus rien entendre. Il se glissa sous la couverture en fourrure de son lit.<br />
Le lendemain matin, son père lui enleva brusquement sa couverture en demandant d&#8217;une voix menaçante : « Où est le chaudron de bouillie de millet ? Serait-il chez ces gens dans l&#8217;étable ? »<br />
Daniel se contenta de secouer la tête et sortit de son lit avant que son père ne l&#8217;attrape par le cou. « Je vais le chercher ! » s&#8217;écria-t-il. Et il s&#8217;échappa en courant.<br />
Le chaudron pesait de plus en plus lourd et Daniel fut soulagé de pouvoir le déposer dans la cuisine. Son père et sa mère étaient là en train de l&#8217;attendre. Ils regardèrent tous deux dans le chaudron et son père lui dit avec indulgence :<br />
« Eh bien, tu as de la chance qu&#8217;il en reste encore ! »<br />
« Mais, il y a plus de bouillie qu&#8217;il n&#8217;en restait hier au soir ! » dit sa mère, stupéfaite.<br />
Que disaient donc son père et sa mère ? Qu&#8217;il y avait encore de la bouillie dans le chaudron ? Daniel regarda dedans à son tour.<br />
« Oh ! » Et c&#8217;est tout ce qu&#8217;il put dire. Le chaudron était rempli jusqu&#8217;au bord de bouillie de millet !<br />
« Comment cela se fait-il ? » demanda sa mère.<br />
« As-tu fait cuire de la bouillie dans la nuit ? demanda son père. Allons, dis-le-moi ! »<br />
Daniel avait envie de tout lui raconter – tout ! Les gens dans l’étable, le bébé, les bergers, le roi. Mais il n&#8217;en eut pas l&#8217;occasion. Les clients s&#8217;étaient réveillés et arrivaient les uns après les autres dans la cuisine, en demandant quelque chose à manger.<br />
« Ne soyez pas si impatients ! s&#8217;écria son père. Il y en aura assez pour tout le monde ! »<br />
Et ce fut vrai. Tout le monde eut sa part de bouillie. Une fois le chaudron vidé, les clients s&#8217;en allèrent satisfaits. Le calme revint petit à petit à l&#8217;«Auberge du ciel». Et Daniel put enfin raconter son histoire. Il jetait des regards anxieux en direction de son père. Allait-il le punir ? Après tout, il lui avait défendu d&#8217;aller voir les gens dans l&#8217;étable, et Daniel lui avait désobéi.<br />
Les parents écoutaient avec stupéfaction. Enfin, sa mère dit : « Tu as bien fait. » Son père hocha la tête et ajouta : « A partir de maintenant, toute personne qui frappera à ma porte aura à manger, qu&#8217;elle soit riche ou pauvre. »<br />
Alors Daniel se jeta dans les bras de ses parents. Il se sentait soudain si heureux !</span></p>
<p>Gerda Marie Scheidl<br />
<em>L’auberge du ciel</em><br />
Paris, Editions Nord-Sud, 1994</p>
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		<title>La plus belle nuit de Noël</title>
		<link>http://noelparminous.wordpress.com/2008/12/17/la-plus-belle-nuit-de-noel-2/</link>
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		<pubDate>Wed, 17 Dec 2008 15:14:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Enfants]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Noël]]></category>

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		<description><![CDATA[Demain, c’est Noël. Le voyage est long pour aller chez grand-père.
La route suit le grand fleuve jusqu’à Rimouski.
Grand-père a dit à Simon qu’il avait une surprise pour lui.
« Une merveille comme tu n’en as jamais vue ! »
Qu’est-ce que ça peut bien être ?
Simon se creuse la tête : rien ne lui semble assez beau [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&blog=2172533&post=54&subd=noelparminous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p>Demain, c’est Noël. Le voyage est long pour aller chez grand-père.</p>
<p>La route suit le grand fleuve jusqu’à Rimouski.</p>
<p>Grand-père a dit à Simon qu’il avait une surprise pour lui.</p>
<p>« Une merveille comme tu n’en as jamais vue ! »</p>
<p>Qu’est-ce que ça peut bien être ?</p>
<p>Simon se creuse la tête : rien ne lui semble assez beau pour mériter le nom de merveille.</p>
<p>Lorsqu’ils arrivent chez grand-père, le nuit est noire depuis longtemps. Simon a du mal à ouvrir les yeux.</p>
<p>Les étoiles en papier d’argent brillent aux fenêtres.</p>
<p>Grand-père est là. Il sent bon le feu de bois et l’écorce mouillée.  Les voix des grands sont pleines de murmures.</p>
<p>Simon voudrait questionner grand-père, mais il a tellement sommeil…</p>
<p>Quand grand-père vient réveiller Simon, il ne fait pas encore jour.</p>
<p>« Chut ! la maison dort… »</p>
<p>Les vitres sont couvertes de givre.</p>
<p>Grand-père aide Simon à s’habiller chaudement.</p>
<p>Les moufles leur font des pattes d’ours.</p>
<p>Dehors, il n’y a pas un bruit.</p>
<p>Simon a un peu peur. Il serre fort la main de grand-père.</p>
<p>Ils prennent le chemin qui s’enfonce dans la forêt. Le sol crisse sous les pieds de Simon. Son grand-père a emporté sa grosse lampe torche. Le rond de lumière danse devant eux joyeusement.</p>
<p>On dirait que tous les animaux se sont endormis pour l’hiver…</p>
<p>Ici, l’été, c’est le royaume des écureuils. Plus loin, Simon reconnaît le coin des cabanes d’Indiens et des myrtilles grosses comme des billes.</p>
<p>Ils arrivent au lac. C’est l’endroit préféré de Simon et de grand-père.</p>
<p>Grand-père est fort et il sait bien ramer, le canoë glisse sans faire de bruit. Simon regarde les morceaux de lune que les rames découpent dans l’eau noire.</p>
<p>Cette année, le lac n’a presque pas gelé. D’habitude, on peut marcher dessus. Simon et grand-père s’amusent alors à faire des trous dans la glace pour pêcher. « Nous sommes des ours polaires », dit grand-père.</p>
<p>Grand-père s’est arrêté de ramer.</p>
<p>Porté par le courant, le canoë vient se blottir contre la rive.</p>
<p>« Maintenant, on attend », chuchote grand-père.</p>
<p>Soudain Simon entend des craquements. Les branches bougent.</p>
<p>Des morceaux d’écorce dégringolent du haut des sapins.</p>
<p>Un animal grand comme un cheval sort de la forêt. Il a des bois immenses sur le front. Il avance vers le lac et entre dans l’eau. C’est un grand orignal. Il vient là pour se nourrir. Simon n’en croit pas ses yeux.</p>
<p>L’animal solitaire mange des plantes aquatiques. Ses bois ressemblent à des mains. Des mains de géant.</p>
<p>Simon et grand-père se font tous petits dans le canoë. L’orignal reste là un moment, puis, lentement, il sort de l’eau et disparaît dans la forêt.</p>
<p>Quand Simon et grand-père rentrent à la maison, le soleil est déjà levé.</p>
<p>Leurs joues sont fraîches comme l’eau des rivières.<br />
Au pied du poêle, il y a des cadeaux de toutes les couleurs.</p>
<p>Quand-père prépare une montagne de crêpes et du chocolat chaud.</p>
<p>« Déjà réveillés ? s’étonnent papa et maman en rentrant dans la cuisine.</p>
<p>— Simon voulait voir le Père Noël », répond grand-père.</p>
<p>Dehors, il commence à neiger.</p>
<p>Sophie Beaude<br />
<em>La plus belle nuit de Noël</em><br />
Autrement Jeunesse, 2003</p>
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	</item>
		<item>
		<title>Un chant de Nöel</title>
		<link>http://noelparminous.wordpress.com/2007/12/12/un-chant-de-noel/</link>
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		<pubDate>Wed, 12 Dec 2007 17:43:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Noël]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Un chant de Nöel
À tous les orphelins des Noëls
  passés, présents et futurs
Il était une fois un petit village, loin, très loin là-bas. En cette veille de Noël, la magie y déployait ses ailes, réchauffant le cœur de tous les habitants.
― Hou, hou, chantaient les flocons de neige en virevoltant.
― Ding, ding, tintaient les [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&blog=2172533&post=53&subd=noelparminous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p align="center"><strong>Un chant de Nöel</strong></p>
<p align="right"><em>À tous les orphelins des Noëls</em></p>
<p align="right"><em>  passés, présents et futurs</em></p>
<p align="justify">Il était une fois un petit village, loin, très loin là-bas. En cette veille de Noël, la magie y déployait ses ailes, réchauffant le cœur de tous les habitants.<br />
― Hou, hou, chantaient les flocons de neige en virevoltant.<br />
― Ding, ding, tintaient les clochettes en se dandinant.<br />
― Miam, miam, s’exclamaient les enfants devant la vitrine du pâtissier.<br />
Oui, vraiment, l’esprit de Noël brillait avec ardeur dans les yeux des enfants.<br />
De tous les enfants?<br />
Au sommet de la colline, dans son immense manoir, le petit Boustru boudait. Le majordome, la femme de chambre et la cuisinière auraient bien voulu laisser entrer la magie de Noël…<br />
Mais leur jeune maître lui avait fermé sa porte.<br />
Boustru n’aimait ni les chansons des enfants abandonnés, ni les étoiles des grands sapins, ni même l’odeur du pain d’épice­.<br />
Boustru détestait Noël.<br />
Seul dans sa chambre du grenier, Boustru comptait et recomptait ses jouets. Lorsqu’il fut certain qu’il n’en manquait aucun, il ferma son grand coffre et se mit au lit.<br />
«Si je dors tout de suite, pensa-t-il, la nuit passera très vite. Encore une journée, et ce Noël de malheur sera chose du passé!»<br />
Le petit remonta ses couvertures, puis attendit le sommeil.<br />
Les aiguilles de la grande horloge tournaient, tournaient. Pourtant, Boustru ne dormait toujours pas. La colère qui grondait dans son cœur l’empêchait de fermer les yeux.<br />
Et… oh! Que vit-il apparaître dans la lueur de la bougie? Une souris vêtue, exactement comme lui, d’une chemise de nuit.<br />
― Tu as fermé ta porte à la magie de Noël, lui dit-elle. Mais nous, les souris, lui avons ouvert la nôtre…<br />
Juste à ce moment, les douze coups de minuit commencèrent à sonner:<br />
― Dong, dong, dong!<br />
Le cœur de Boustru, lui aussi, semblait faire dong! dong! dong! alors qu’il se sentait devenir tout petit, aussi petit qu’une minuscule souris.<br />
Sans un mot, le souriceau l’entraîna vers un trou caché au bas du mur, puis dans un étrange dédale de couloirs secrets. Tout au bout brillait une lumière douce comme le miel.<br />
― Regarde bien, dit le souriceau. Voici la magie des Noëls passés.<br />
Par l’ouverture du mur, Boustru vit un magnifique sapin briller de tous ses feux dans le salon du manoir. Le chant d’un violon montait dans l’air, accompagné du rire cristallin d’un tout petit enfant.<br />
Les yeux écarquillés, Boustru comprit que le violoniste, c’était son papa! Et l’enfant sur les genoux de sa maman, c’était lui, quand il avait deux ans!<br />
― Comme je riais alors, comme j’étais heureux… murmura Boustru pendant qu’un épais brouillard envahissait le salon.<br />
Lorsque le rideau de brume se dissipa, Boustru s’aperçut que deux années avaient passé comme un éclair. Le grand sapin était encore là, mais son papa et sa maman avaient disparu. Disparu pour toujours, sur leur bateau perdu dans la tempête.<br />
Pour consoler le petit garçon, le majordome joua maladroitement un air de violon, la femme de chambre le prit dans ses bras et la cuisinière lui offrit un gros bonhomme de pain d’épice.<br />
― NON!, cria le garçon. JE DÉTESTE NOËL!<br />
Dans sa cachette derrière le mur, Boustru sentit une larme rouler sur sa joue. Il aurait tellement voulu consoler le petit enfant qu’il avait été…<br />
― Dong, dong, dong! sonna encore la grande horloge.<br />
― Voici la magie des Noëls présents, annonça le souriceau.<br />
Boustru eut alors la surprise d’apercevoir la cabane des enfants abandonnés. Assis autour d’un maigre feu de fagots, Loupiotte et ses amis faisaient griller des marrons en chantant.<br />
Leur cabane était décorée de feuilles de houx et de tout ce qu’ils avaient pu trouver pour lui donner un air de fête. Mais leur pauvre festin faisait peine à voir, tout comme les haillons dont ils étaient vêtus.<br />
Regardant vers le manoir, un des garçons dit:<br />
― Ce détestable Boustru n’a même pas ouvert sa porte lorsque nous sommes allés chanter chez lui.<br />
― Il aurait pu partager ses provisions avec nous, ajouta une fillette. Ou bien ses jouets… Il ne joue avec personne, il ne partage jamais rien!<br />
D’une voix très douce, Loupiotte expliqua aux petits qu’il fallait cesser de parler ainsi. Elle leur dit que Boustru était sans famille, tout comme eux, et qu’il était sûrement très malheureux. Dans son manoir tout noir, il était seul, alors qu’eux avaient le bonheur d’être ensemble.<br />
Avec des étoiles dans les yeux, elle ajouta:<br />
― Joyeux Noël, mes loupiots! Joyeux Noël, petit orphelin du manoir!<br />
― Dong, dong, dong! résonna la grande horloge.<br />
― Voici la magie des Noëls futurs, ajouta le souriceau.<br />
Boustru mit du temps à s’habituer à l’obscurité qui régnait maintenant dans le manoir. À la lueur d’une seule bougie, un grand jeune homme, vêtu d’une chemise de nuit trop petite pour lui, comptait et recomptait ses vieux jouets.<br />
― J’ai bien fait, marmonnait-il, de congédier la femme de chambre, le majordome et la cuisinière. Je n’ai pas besoin d’eux. Je n’ai besoin de personne… de personne…<br />
Le brouillard envahit de nouveau le salon, puis s’insinua dans l’âme de Boustru.<br />
Dans la cabane des enfants abandonnés, nulle guirlande de houx, aucun feu de bois où faire grésiller des marrons.<br />
Loupiotte grelottait de fièvre, allongée sur un lit de paille. Ses amis l’entouraient, essayant tant bien que mal de la réchauffer.<br />
― Si, au moins, nous avions du bois pour faire du feu… murmura l’un d’eux.<br />
― Et de la nourriture pour lui donner des forces… Nous n’avons rien pour l’aider à guérir.<br />
― NON! cria Boustru alors que la brume revenait déjà. NON! Je ne veux pas que l’avenir soit ainsi!<br />
― Dong, dong, dong! tintèrent les trois derniers coups de minuit.<br />
Boustru ouvrit ses yeux brouillés de larmes pour s’apercevoir… qu’il était de retour dans son lit. Il avait repris sa taille normale et c’était la nuit de Noël!<br />
Bondissant sur ses pieds, il dévala les escaliers et fonça vers le salon. La femme de chambre, le majordome et la cuisinière ouvrirent de grands yeux en l’apercevant.<br />
― C’est la fête! dit joyeusement Boustru. Qu’on installe les décorations et qu’on prépare le festin! C’est Noël!<br />
Et vite, vite, Boustru enfila son manteau et courut vers la cabane des enfants abandonnés.<br />
Dans le manoir rempli de lumière, la magie de Noël déployait enfin ses ailes. Autour d’une table couverte de friandises, le majordome, la femme de chambre, la cuisinière et tous les enfants chantaient, de larges sourires illuminant leurs mines réjouies.<br />
― Quel merveilleux réveillon! s’exclama Loupiotte entre deux bouchées.<br />
― C’est grâce à toi, répondit Boustru, le cœur rempli d’émotion. Grâce à vous tous, mes amis… mes amis pour toujours!<br />
Joyeux Noël, petite souris!<br />
Joyeux Noël, les enfants!</p>
<p>Lucie Papineau; Stéphane Papineau<br />
<em>Un chant de Noël</em><br />
Saint-Lambert, Dominique et compagnie, 2004</p>
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		<item>
		<title>Sons de Noël</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Dec 2007 17:39:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cartes postales]]></category>
		<category><![CDATA[Noël]]></category>
		<category><![CDATA[Vœux de Noël]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160;
 
&#160;
Sons de Noël :
parmi les bruits ahurissants,
peut-on encore les écouter,
limpides ?
       <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&blog=2172533&post=52&subd=noelparminous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center"> <img src="http://noelparminous.files.wordpress.com/2007/12/sons-de-noel.jpg?w=248&#038;h=171" alt="sons-de-noel.jpg" height="171" width="248" /></p>
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">Sons de Noël :<br />
parmi les bruits ahurissants,<br />
peut-on encore les écouter,<br />
limpides ?</p>
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/noelparminous.wordpress.com/52/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/noelparminous.wordpress.com/52/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/noelparminous.wordpress.com/52/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/noelparminous.wordpress.com/52/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/noelparminous.wordpress.com/52/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/noelparminous.wordpress.com/52/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/noelparminous.wordpress.com/52/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/noelparminous.wordpress.com/52/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/noelparminous.wordpress.com/52/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/noelparminous.wordpress.com/52/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/noelparminous.wordpress.com/52/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/noelparminous.wordpress.com/52/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&blog=2172533&post=52&subd=noelparminous&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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		</media:content>

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	</item>
		<item>
		<title>Neige sur terre</title>
		<link>http://noelparminous.wordpress.com/2007/12/05/neige-sur-terre/</link>
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		<pubDate>Wed, 05 Dec 2007 17:36:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vœux de Noël]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160;

&#160;
Neige sur terre
Comment partager
la chaleur de nos cœurs aimants?
       <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&blog=2172533&post=49&subd=noelparminous&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center"><img src="http://noelparminous.files.wordpress.com/2007/12/neige-sur-terre.jpg?w=247&#038;h=184" alt="neige-sur-terre.jpg" height="184" width="247" /></p>
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">Neige sur terre</p>
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<p align="center">la chaleur de nos cœurs aimants?</p>
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