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	<title>Noël parmi nous !</title>
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		<title>Noël parmi nous !</title>
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		<title>Charlotte et le père Schulz</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Dec 2011 18:03:40 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[        — Ce que je veux pour Noël ne s’achète pas, déclara Laurent à sa mère le 1er décembre. J’aimerais que Papa revienne vivre avec nous, et qu’on retourne dans notre ancien appartement.      — Ah, Laurent ! répondit &#8230; <a href="http://noelparminous.wordpress.com/2011/12/02/charlotte-et-le-pere-schulz/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&amp;blog=2172533&amp;post=914&amp;subd=noelparminous&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6><a href="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/12/charlotte-et-le-pc3a8re-schulz.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-916" title="Charlotte et le père Schulz" src="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/12/charlotte-et-le-pc3a8re-schulz.jpg?w=350&#038;h=228" alt="" width="350" height="228" /></a> <span style="color:#cc0000;"> </span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#cc0000;">     — Ce que je veux pour Noël ne s’achète pas, déclara Laurent à sa mère le 1er décembre. J’aimerais que Papa revienne vivre avec nous, et qu’on retourne dans notre ancien appartement.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Ah, Laurent ! répondit seulement sa mère en soupirant, le regard triste.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Elle l’attira brièvement contre elle et lui caressa les cheveux. Et Laurent, qui allait avoir douze ans et qui détestait les marques d’affection, enlaça sa mère pendant un dixième de seconde.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — À plus tard ! lança-t-il, car il devait partir à l’école. Passe une bonne journée !</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Au moment où il allait ouvrir la porte, sa mère le tira soudain en arrière et mit un doigt sur ses lèvres. En bas, une clé tourna dans une serrure. Laurent et sa mère attendirent dans le silence le plus complet que M. Schulz soit sorti de l’immeuble. Il habitait juste au-dessous de chez eux. Laurent essayait d’être le plus silencieux possible, mais M. Schulz se plaignait toujours d’être dérangé. Laurent le soupçonnait de passer des heures dans son appartement, un long cornet acoustique collé au plafond.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — M. Schulz est bien à plaindre, avait tenté de lui expliquer sa mère. Il habite seul. Personne ne vient jamais lui rendre visite.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Laurent se disait qu’il aurait fallu être fou pour vouloir rendre visite à ce vieux grincheux. D’ailleurs, sa mère elle-même l’évitait toujours soigneusement. Elle était infirmière et travaillait souvent le week-end ou le soir. M. Schulz avait déjà menacé de la dénoncer aux services sociaux pour abandon d’enfant.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Cet après-midi-là, en revenant de l’école, Laurent se glissa comme d’habitude jusqu’au troisième étage sur la pointe des pieds&#8230;</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     La surprise le figea sur place. Une petite fille qu’il ne connaissait pas était assise devant la porte de son appartement. Elle devait avoir huit ou neuf ans. Ou plus. Ou moins. Il n’était jamais sûr, avec les filles.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Mais&#8230; qu’est-ce que tu fais ici ? s’exclama-t-il, stupéfait.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     La fillette se leva.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Je viens te voir, expliqua-t-elle gaiement. Grand-mère a dit qu’il fallait que je cherche quelqu’un qui puisse m’apprendre quelque chose au sujet de Noël et tout ça. Tu sais sûrement plein de choses sur Noël, non ?</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Laurent haussa les épaules, embarrassé. Cette gamine déraillait ! Il l’examina du coin de l’œil. Elle avait le visage rond, des yeux noisette très clairs et des nattes poil de carotte qui tombaient sur ses épaules. Sa longue robe était faite d’une multitude de morceaux de tissu cousus les uns aux autres. Laurent espérait qu’elle ne s’était pas échappée d’un asile ou d’un autre endroit de ce genre&#8230;</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Comment t’appelles-tu ? demanda l’étrange petite fille. À moins que ton nom ne doive rester un secret… ? Le mien pas : je m’appelle Charlotte. C’est un joli prénom, n’est-ce pas ?</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Si. Oui. Très joli, dit Laurent, qui réfléchissait à ce qu’il fallait faire. Où habites-tu ? Est-ce que je dois te raccompagner chez toi ? Tu connais ton numéro de téléphone ?</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Mais je suis venue te voir ! insista Charlotte. Et je resterai chez toi jusqu’à ce que Grand-mère vienne me chercher.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Mais comment saura-t-elle où tu es ?</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Elle me retrouverait au plus profond de la terre et au plus haut des montagnes, dit Charlotte, l’air mystérieux.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Laurent était certain désormais que cette Charlotte n’était pas normale. Il ne pouvait en aucun cas la laisser traîner seule dans la ville ! Oui, il la ferait entrer dans l’appartement, il appellerait aussitôt la police ou les pompiers, et quelqu’un viendrait s’occuper d’elle. De toute façon, ils ne pouvaient pas rester plantés sur le palier.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Laurent ouvrit la porte :</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Allez, viens !</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Il se sentait un peu inquiet. Ce n’était peut-être pas une si bonne idée que ça d’inviter chez lui une petite fille dérangée. Mais Charlotte s’était déjà précipitée à l’intérieur et, curieuse, ouvrait toutes les portes.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Vous n’avez ni branches de sapin ni bougies rouges ? demanda-t-elle, déçue. Grand-mère dit que toutes les maisons sont décorées, maintenant, et que je dois tout regarder avec attention&#8230; Tu veux bien me chanter un chant de Noël ? Grand-mère dit que les chants de Noël sont la plus belle chose qui soit&#8230; avec l’oie rôtie. Grand-mère dit&#8230;</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Elle interrompit son babillage et regarda sous le lit.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Où est votre chat ?</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Nous n’avons pas de chat. Si nous avions un animal domestique, le vieux Schulz deviendrait fou furieux…</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Qui est le vieux Schulz ? demanda Charlotte, intéressée. Un troll ? Ils peuvent être vraiment abominables, ceux-là… C’est sûrement lui qui a mangé ton chat. Oui, oui…, fit-elle en hochant la tête. Mais je suis là, maintenant. Et je sais m’y prendre avec les trolls.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Elle se mit à danser, bras écartés, à travers la pièce.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Troll, troll, montre-toi ! cria-t-elle en tapant du pied.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Tais-toi ! S’il te plaît, tiens-toi tranquille ! Tu entends ?</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Laurent la retint par l’épaule et montra le plancher du doigt. Au-dessous d’eux, M. Schulz cognait au plafond avec un manche à balai.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Et voilà, t’as gagné ! murmura Laurent.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — D’accord, je vais me tenir tranquille. Vraiment. Je le jure sur les cornes de ma grand-mère !</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Charlotte rit d’un air coquin, et de profondes fossettes se creusèrent sur ses deux joues.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Grand-mère n’a pas de cornes, naturellement. J’ai dit ça pour rire. Aucune grand-mère n’a de cornes. Sauf peut-être une grand-mère troll. Avec eux, tout est possible.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Cette Charlotte avait vraiment un grain, Laurent en était persuadé. Pourvu qu’elle se calme, maintenant, sinon il faudrait qu’il la ligote et qu’il la bâillonne&#8230; Mais où était-elle passée ? Elle était encore à côté de lui à l’instant !</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     La chasse d’eau gronda. C’était donc ça ! Mais pourquoi restait-elle si longtemps dans la salle de bains ? Laurent hésita, puis colla l’oreille à la porte. Il entendit de l’eau ruisseler sur le carrelage.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Il ouvrit violemment la porte.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Mais, qu’est-ce que tu fais ? s’écria-t-il d’une voix désespérée.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Il pleut ! expliqua fièrement Charlotte.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Elle était pieds nus, et l’eau lui arrivait presque aux chevilles.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Laurent se rua sur le robinet et coupa la douche. Il arracha les serviettes de leurs crochets et les jeta par terre.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Donne-moi un coup de main ! Il faut éponger ça, vite !</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Il essora les serviettes dégoulinantes au-dessus du lavabo. Mais des coups de sonnette retentissaient déjà, stridents, agressifs. Et voilà qu’un poing martelait la porte.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Tu vas ouvrir tout de suite, fichu garnement ! Sinon, j’appelle la police !</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Laurent tremblait de tous ses membres :</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — C&#8230; c&#8230; c’est m&#8230; m&#8230;</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Charlotte poussa un soupir méprisant. « Oh, oh ! » fit-elle en claquant légèrement des doigts. L’instant d’après, la salle de bains était sèche, et les serviettes pendaient de nouveau bien sagement à leurs crochets.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Très bien ! S’il en a tellement envie, faisons-le donc entrer, dit-elle finalement.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Elle sautilla jusqu’à la porte et l’ouvrit.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     M. Schulz, écarlate, passa en trombe devant elle et rugit :</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — De l’eau goutte du plafond de ma salle de bains. C’est le bouquet ! Je vais&#8230;</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Il s’arrêta soudain. Incrédule. Laurent fixait M. Schulz.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Non, pas M. Schulz ! L’homme à la barbe blanche et au manteau rouge qui se tenait devant lui. On aurait dit le Père Noël ! Le père Schulz avait l’air aussi effrayé que Laurent. Il porta la main à son cou et croassa, comme s’il allait étouffer.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Puis il ouvrit la bouche et dit :</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Je voudrais te faire un petit cadeau de Noël. Tu es un gentil garçon, calme et si souvent seul. Tu aimerais sûrement avoir un peu de compagnie&#8230;</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Et il tendit à Laurent un minuscule chaton blanc.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Je&#8230; Merci&#8230;, bafouilla Laurent.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Le père Schulz fit un signe de la main et sortit sans un mot. Dans l’escalier, il se retourna. Il ressemblait de nouveau à M. Schulz, si ce n’est que son visage n’était plus rouge, mais blanc comme la craie. Laurent l’entendit bredouiller, hagard, quelque chose comme : « Déménager tout de suite&#8230; »</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Il regarda le chaton dans ses bras, puis Charlotte :</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — C’est toi qui as fait ça ?</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Il ne fallait pas ? demanda Charlotte d’un air candide.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Elle alla à la fenêtre et leva les yeux :</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Grand-mère devrait arriver d’un instant à l’autre !</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Laurent se planta à côté d’elle et regarda lui aussi le ciel. Il s’était mis à neiger.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Elle va avoir drôlement froid sur son balai, dit-il.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Son balai ! fit Charlotte d’un ton réprobateur. Qu’est-ce que tu racontes ? Bon, il faut que j’y aille, maintenant. Contente d’avoir fait ta connaissance. Joyeux Noël ! On se reverra sûrement bientôt.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Et, avant que Laurent ait pu dire quoi que ce soit, elle avait filé.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#cc0000;">     — Dieu soit loué ! dit le lendemain la mère de Laurent en apprenant que M. Schulz avait déménagé en catastrophe. J’espère que les prochains locataires auront des enfants.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     La veille de Noël, Laurent croisa une vieille femme dans l’escalier. Elle portait une longue robe, faite d’une multitude de morceaux de tissu colorés cousus les uns aux autres. Des yeux noisette bienveillants éclairaient son visage rond et ridé.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Tu dois être Laurent, lui dit-elle. Tu veux nous aider à porter nos affaires ?</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Porter ? s’étonna Laurent. Pourquoi ne pas faire monter vos meubles d’un coup de baguette magique, tout simplement ?</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     La vieille femme rit.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Quelle idée ! Qu’est-ce qui te fait croire que je pourrais faire ça ? demanda-t-elle en lui lançant un clin d’œil.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     C’est alors que la mère de Laurent se pencha au-dessus de la cage d’escalier :</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Laurent, il y a une Charlotte qui t’attend ici ! Elle dit qu’elle vient d’emménager au-dessous de chez nous avec sa grand-mère. Et elle demande si elles peuvent fêter Noël avec nous.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     — Mais bien sûr ! Et comment ! se réjouit Laurent.</span><br />
<span style="color:#cc0000;">     Finalement, cette année encore, Noël allait être joyeux.</span></h6>
<h6 style="text-align:right;"> </h6>
<h6 style="text-align:right;"> </h6>
<h6 style="text-align:right;"><span style="color:#cc0000;">Sabine Dillner</span></h6>
<h6 style="text-align:right;"><span style="color:#cc0000;"><em>C’est bientôt Noël !</em></span><br />
<span style="color:#cc0000;">Silke Leffler (ill.)</span><br />
<span style="color:#cc0000;">Paris, Bayard Jeunesse, 2003</span></h6>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/noelparminous.wordpress.com/914/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/noelparminous.wordpress.com/914/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/noelparminous.wordpress.com/914/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/noelparminous.wordpress.com/914/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/noelparminous.wordpress.com/914/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/noelparminous.wordpress.com/914/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/noelparminous.wordpress.com/914/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/noelparminous.wordpress.com/914/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/noelparminous.wordpress.com/914/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/noelparminous.wordpress.com/914/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/noelparminous.wordpress.com/914/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/noelparminous.wordpress.com/914/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/noelparminous.wordpress.com/914/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/noelparminous.wordpress.com/914/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&amp;blog=2172533&amp;post=914&amp;subd=noelparminous&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Le bonhomme de neige</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Nov 2011 22:38:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Enfants]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Noël]]></category>

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		<description><![CDATA[            Dimanche matin.      Colin ouvre l’œil et s’étire. Une curieuse lumière blanche filtre à travers les fentes des persiennes. Dans la rue, les voitures font en passant un drôle de bruit assourdi. Au contraire, on dirait &#8230; <a href="http://noelparminous.wordpress.com/2011/11/20/le-bonhomme-de-neige/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&amp;blog=2172533&amp;post=908&amp;subd=noelparminous&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6> <a href="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/11/le-bonhomme-de-neige-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-909" title="Le bonhomme de neige 1" src="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/11/le-bonhomme-de-neige-1.jpg?w=225&#038;h=300" alt="" width="225" height="300" /></a></h6>
<h6>  </h6>
<h6> </h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Dimanche matin.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Colin ouvre l’œil et s’étire. Une curieuse lumière blanche filtre à travers les fentes des persiennes. Dans la rue, les voitures font en passant un drôle de bruit assourdi. Au contraire, on dirait que les voix résonnent plus fort que d’habitude. On entend des bruits de pelle.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Colin se lève d’un bond. Il court à la fenêtre et pousse les persiennes avec fracas.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Il neige ! Il neige ! Marion, lève-toi ! Nous irons tous au bois faire un bonhomme de neige, papa l’a promis !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Papa, Colin et Marion ont fait un énorme tas de neige. Ils lui ont donné la forme d’un bonhomme, et maintenant ils regardent leur travail, tout contents. Ils ont bien chaud, ils ont les joues rouges. Le bonhomme est superbe. Ils se mettent à tourner autour de lui en chantant. Chacun à son tour invente une chanson.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Papa :</span></h6>
<h6><span style="color:#000080;"> </span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#000080;"><em>Bonhomme, mon bonhomme,</em></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#000080;"><em>Remue ton corps de neige,</em></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#000080;"><em>Donne-nous donc la main</em></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#000080;"><em>Pour danser avec nous.</em></span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Marion :</span></h6>
<h6 style="text-align:center;"> </h6>
<h6 style="text-align:center;"><span style="color:#000080;"><em>Bonhomme, ami bonhomme,</em></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#000080;"><em>Si tu savais marcher</em></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#000080;"><em>Comme marchent les hommes,</em></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#000080;"><em>On irait se prom’ner.</em></span></h6>
<h6><span style="color:#000080;"> </span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Colin :</span></h6>
<h6><span style="color:#000080;"> </span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#000080;"><em>Bonjour, monsieur Bonhomme,</em></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#000080;"><em>Nous t’invitons, bonhomme,</em></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#000080;"><em>Prends tes jambes à ton cou</em></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#000080;"><em>Et viens vite avec nous.</em></span></h6>
<h6><span style="color:#000080;"> </span></h6>
<h6><span style="color:#000080;"> </span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Oh ! Ça rime tout cela, dit papa, j’ai des enfants poètes, bravo !</span><span style="color:#000080;"> Allons, il est cinq heures, la nuit tombe, il faut rentrer.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Quel dommage de laisser ici ce beau bonhomme, dit Colin.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Je voudrais rester jusqu’à ce qu’il fonde, dit Marion.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Nous reviendrons mercredi, voir s’il est encore là, dit Colin.</span></h6>
<h6><span style="color:#000080;"> </span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Papa et maman doivent aller chez des amis ce soir. Colin et Marion sont très fiers car ils vont dîner et passer la soirée tout seuls.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Surtout, dit maman en les embrassant, n’ouvrez la porte à personne et ne vous couchez pas plus tard que neuf heures et demie.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — C’est promis, disent Colin et Marion.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Colin réchauffe le potage. Mmm… la bonne soupe ! Et Bisule, le chat, apprécie sa pâtée.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Comme ils faisaient la vaisselle, Colin et Marion ont entendu sonner à la porte. Ils se sont regardés inquiets, et, grimpé sur un tabouret, Colin a collé son œil au petit trou magique qui permet de voir les visiteurs.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Aussitôt, il a poussé un cri de joie. Vite, il est descendu de son perchoir, il a ouvert la porte… au bonhomme de neige !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Bonsoir, dit le bonhomme.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Colin et Marion, fous de joie, sautaient autour du bonhomme de neige.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Mais Bidule ne lui a pas fait très bon accueil. Il s’est dressé sur ses quatre pattes, le dos arqué, son poil s’est hérissé, il a lancé un “miaou” agressif, puis il est allé se réfugier sur le haut d’une armoire.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;"> </span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Le bonhomme de neige a joué avec Colin et Marion aux petits chevaux, aux dominos, au train électrique. Marion lui a présenté ses poupées. Mais le jeu le plus formidable a été celui des cosmonautes. Colin, Marion, et le bonhomme se sont installés dans un grand carton, la fusée.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Colin tenait un volant imaginaire. Et c’est Marion qui a donné le signal du départ :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — 6, 5… attachez vos ceintures… 4, 3… attention, préparez-vous… 2, 1, 0… partez !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     La fusée est partie dans un bruit terrible de brroum, rrrang, tch, you-ou… Tout les trois criaient :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Je vois les étoiles qui s’approchent !&#8230; Je vois les cratères de la lune !&#8230; Je vois le drapeau américain !&#8230; Je vois le drapeau chinois !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Hé ! Les Chinois ne sont pas allés sur la lune !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Bidule le chat s’est réveillé et est descendu de son armoire pour voir ce qui se passait. La fusée a ralenti pour le prendre au passage et il a consenti à y monter.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     À neuf heures et demie, on a entendu une clé dans la serrure… C’était la voisine qui venait voir si les enfants étaient sages et leur dire de se coucher.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Marion pouffait de rire : la tête que ferait la dame si elle découvrait le bonhomme de neige dans la fusée !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Bonsoir, madame Fontaine, ont-ils dit. Nous allons nous coucher. Nous ne ferons plus de bruit.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Et la voisine ne se douta de rien.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Après le départ de madame Fontaine, Colin et Marion se sont préparés à se coucher.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Je vais te faire  un  lit  par terre, bonhomme, avez des coussins et des couvertures.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Oh non, dit le bonhomme de neige, je trouve qu’il fait trop chaud ici. Il me semble que je fonds déjà un peu. Je ne voudrais pas mouiller le tapis ou le plancher. Je préfère coucher à la cuisine, directement sur le carrelage, je serai plus à l’aise.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Moi, je trouve que tu es froid, dit Marion en l’embrassant. Bonsoir ! Dors bien !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;"> </span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Sept heures et demie.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Maman appelle Colin et Marion.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — C’est l’heure ! Levez-vous, mes enfants !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Colin soupire, se retourne.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     La pensée du bonhomme de neige lui revient brusquement.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Oh, maman ! Nous avons passé une si bonne soirée avec le bonhomme de neige !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Maman rit.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Tu rêves encore, je crois.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Oh non ! dit Colin.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Il se précipite à la cuisine.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Marion, qui s’est réveillée aussi, le suit.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Il n’y a pas de bonhomme de neige. Seulement une petite flaque d’eau.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Colin et Marion sont sûrs qu’ils n’ont pas rêvé. Le bonhomme de neige a dû repartir passer la journée au bois.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Que voulez-vous qu’un bonhomme de neige fasse toute une journée dans un appartement ?…</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;"> </span></h6>
<h6 align="right"><span style="color:#000080;"> </span></h6>
<h6 align="right"><span style="color:#000080;"> </span></h6>
<h6 align="right"><span style="color:#000080;">Maïlé ; Philippe Salembeci</span></h6>
<h6 align="right"><span style="color:#000080;"><em>Le bonhomme de neige</em></span></h6>
<h6 align="right"><span style="color:#000080;">Paris, Casterman Jeunesse, 2006</span></h6>
<h6 align="right"><span style="color:#000080;"> </span></h6>
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		<title>Bon appétit, Jamela !</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Nov 2011 22:09:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Animaux]]></category>
		<category><![CDATA[Cultures]]></category>
		<category><![CDATA[Enfants]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Noël]]></category>
		<category><![CDATA[Sentiments]]></category>

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		<description><![CDATA[               Mamie Gogo et Maman préparent la fête de Noël. « Je ferai le gâteau, tu t’occuperas du poulet, dit Gogo.      — Et Thelma, du riz et des légumes, dit Maman.      — Bien, dit Gogo, cela &#8230; <a href="http://noelparminous.wordpress.com/2011/11/20/bon-appetit-jamela/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&amp;blog=2172533&amp;post=900&amp;subd=noelparminous&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6><span style="color:#993300;">     <a href="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/11/bon-appc3a9tit-jamela-1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-901" title="Bon appétit, Jamela ! 1" src="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/11/bon-appc3a9tit-jamela-1.jpg?w=584" alt=""   /></a></span></h6>
<h6> </h6>
<h6>  </h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993300;">    <span style="color:#993333;"> Mamie Gogo et Maman préparent la fête de Noël. « Je ferai le gâteau, tu t’occuperas du poulet, dit Gogo.</span></span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     — Et Thelma, du riz et des légumes, dit Maman.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     — Bien, dit Gogo, cela fera un bon dîner de Noël ! »</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Jamela sait tout de Noël. Elle va célébrer la naissance de Jésus en jouant dans une pièce de théâtre à l’école. Elle sait aussi que Noël veut dire cadeaux et une grande réunion de toute la famille.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Quand Gogo s’en va, Maman dit :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Viens, Jamela, allons chez Mme Zibi pour acheter un de ses jeunes poulets. Si nous le nourrissons bien, il sera beau et gras pour Noël. »</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Maman laisse Jamela choisir le poulet, un joli poulet tout roux. Mme Zibi leur donne un sac de graines.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Si on l’appelait Noël ? » propose Jamela.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Maman répond en riant :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « C’est un joli nom pour un poulet de Noël, Jamela ! »</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Quand elles arrivent à la maison, Maman montre à Jamela combien d’eau et de graines il faut donner par jour à son poulet.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Voyons s’il veut bien manger dans ta main », suggère Maman.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Pas très rassurée, Jamela tend au poulet sa paume remplie de graines.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Regarde, Maman ! jubile-t-elle. Il mange !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     — Bien, il est temps de nourrir mon petit poulet maintenant », dit Maman en souriant.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Avant d’aller au lit, Jamela demande :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Quand est-ce que ce sera Noël, Maman ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     — Quand ton poulet sera beau et gras, ce sera Noël », répond Maman.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Chaque matin avant l’école, Jamela donne de l’eau et des graines à Noël. Si elle a le temps, elle le laisse grimper sur ses genoux et manger dans sa main. Cet oiseau adore manger ! Maman ramasse ses fientes qu’elle utilise comme engrais pour ses courges. Et chaque jour, le poulet et les courges grossissent ensemble de plus en plus. Chaque fois que Mamie Gogo vient en visite, elle demande :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Comment se porte notre repas de Noël ? »</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Jamela fronce les sourcils et dit :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Il va bien, Gogo. »</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Mais elle n’aime pas du tout la manière dont Gogo se passe la langue sur les lèvres comme la dame à la télé, dans la publicité pour le poulet fermier.</span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#993333;">♣♣♣</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Ce matin, à l’école, les élèves interprètent leur pièce de théâtre de Noël.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Il y a des anges et des danseurs africains. Jamela joue Marie et porte l’enfant Jésus dans son dos comme une vraie maman. Vuyo fait un très beau Joseph avec son chapeau basutu et sa couverture. Tabu, Elliott et Zingi font de splendides Ris Mages dans les chemises madiba de leurs papas. On chante <em>N</em><em>é</em><em> dans une cr</em><em>è</em><em>che</em> et d’autres chants de Noël au son des tambours et du <em>marimba</em>. Tout le monde reprend le refrain et frappe dans ses mains.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Dès qu’elle est rentrée à la maison avec Maman, Jamela fabrique une crèche de paille pour Noël.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « C’est très joli, dit Maman, mais j’espère que tu ne t’attaches pas trop à ce poulet.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     — Non, Maman », répond Jamela avant de courir dehors en appelant :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Petit, petit, petit poulet ! Viens voir ce que je t’ai fabriqué ! »</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Maman s’inquiète. Comme ils ont l’air heureux, tous les deux, la petite fille et son poulet dodu ! Comment va-t-elle réussir à le lui enlever pour le cuisiner ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     La veille de Noël, Mme Zibi est là.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Jamela, s’il te plaît, va chez Thelma voir où en sont le riz et les légumes », demande Maman.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Jamela regarde Mme Zibi frotter ses larges mains sur son tablier. Ces mains paraissent prêtes à tout !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     — Arrête de nous regarder comme ça et va, Jamela ! »</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Jamela sait bien qu’il ne faut pas désobéir aux grandes personnes, mais elle n’aime pas la tournure que prennent les événements !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « D’accord, Maman », dit-elle en sortant pour aller chez Thelma… avec Noël dans ses bras !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Noël caquette et claque des ailes. Jamela a bien du mal à le retenir.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Ce volatile est-il à vendre ? » demande une femme qui cuisine des cuisses de poulet pour les badauds.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Jamela secoue la tête :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Aikona ! Certainement pas ! » et s’enfuit au loin.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Tut-tut, un camion-taxi klaxonne. Jamela sursaute et laisse Noël s’échapper. Les passagers éclatent de rire quand le poulet se rue entre ses jambes et disparaît dans la foule.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Noël, petit, petit, petit poulet ! » appelle Jamela.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Mais Noël est introuvable. Il a disparu !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Jamela rentre doucement à la maison. Presque arrivée, elle voit Maman et Mme Zibi courir vers elle. Maman a l’air embarrassée. Mme Zibi a l’air en colère. Comme Jamela aimerait que de grandes ailes poussent dans son dos pour s’envoler au-dessus de leurs têtes, loin, très loin !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Où est le poulet ? » demande Mme Zibi, essoufflée.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Jamela agite doucement ses bras dans l’air.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Envolé, dit-elle. Désolée !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     — Oh ! Jamela », soupire Maman.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Jamela semble vraiment désolée, mais à l’intérieur, elle sourit. Où que soit passé Noël, le plus important, c’est qu’il ne soit pas dans une marmite !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Maman prend fermement Jamela par la main, et elles retournent à la maison. Quand elles rencontrent Archie, Maman l’interpelle :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « <em>Molo</em> ! Salut, Archie ! As-tu vu notre poulet ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     — <em>Aikona</em> ! répond Archie. Mais, si je le vois, je lui dirai que vous le cherchez par là ! »</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Au bas de la rue, Jim Cambouis répare une voiture.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « <em>Molo</em> ! Bonjour, Jim, s’écrie Maman par-dessus le bruit de la rue. As-tu vu notre poulet ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     — Quoi ? » vocifère Jim.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Juste à ce moment, un camion-taxi freine brutalement devant lui. Les passagers crient : « <em>Hamba, hamba</em>, du balai ! »</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     La porte s’ouvre et en jaillit un poulet roux et bien dodu. C’est Noël !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Il secoue ses plumes et file aussitôt sur la route, puis vers le salon de coiffure, <em>Chez </em><em>Miss</em>.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Vite, vite ! » crie Maman.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Dans le salon, Noël court entre le comptoir et les clientes aux cheveux à moitié tressés. Séchoirs, shampooing, peignes, nattes et perles volent dans tous les sens. Maman s’empare d’un panier et guette le poulet. « Viva ! » crient les clientes quand elle arrive à le jeter sur Noël surexcité !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Mme Zibi glisse ses mains sous le panier et attrape Noël.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Et maintenant, à la casserole ! s’écrie-t-elle.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     — Oh ! Maman, Maman, je t’en prie ! Ne laisse pas Mme Zibi faire du mal à Noël, pleure Jamela.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     — Un poulet est un poulet, l’interrompt Mme Zibi.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     — Noël n’est pas un poulet, sanglote Jamela. Noël est mon ami, et on ne peut pas manger ses amis. »</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Maman cherche du regard le soutien des clientes. Mais les clientes, elles, regardent toutes Jamela tendrement.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « On ne peut pas manger ses amis, répètent-elles en chœur.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     — <em>G</em><em>a</em> ! Idioties ! » ronchonne Mme Zibi.</span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#993333;">♣♣♣</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Le matin de Noël, Jamela aide Maman à préparer le repas. L’engrais de poulet a donné les plus douces et succulentes des courges. Maman va les farcir avec une purée de noix, des croûtons, du beurre et des fines herbes. Jamela enlève les pépins et les met de côté.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Quand Mamie Gogo, Thelma et son ami arrivent, des odeurs savoureuses emplissent la cuisine. Gogo hume et demande :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Qu’est-ce qui sent si bon, Jamela ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     — C’est une surprise, Gogo », répond Jamela.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     On ouvre d’abord les cadeaux, puis Maman invite la famille à se mettre à table et sert le repas. La vapeur danse autour du riz et du plat de légumes de Thelma. Maman ôte le couvercle de ses délicieuses courges farcies.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Jamela peut voir les yeux de Gogo qui cherchent le poulet partout. Mais Gogo ne dit rien. Tout le monde est heureux de passer ce Noël ensemble. Après le gâteau, Gogo se frotte le ventre. Puis regardant Maman, elle dit :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Ahhh ! C’était meilleur qu’un dîner dans un restaurant trois étoiles ! Mais dis-moi, <em>Sisi</em>, où est donc passé le poulet ? »</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Jamela bondit hors de table.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Je vais te montrer, Gogo », dit-elle.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Et, saisissant la main de la vieille femme, elle l’entraîne au fond du jardin où Noël fait un festin de graines de courges.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Regarde, Gogo, le voilà, le poulet, dit Jamela. Maman me l’a offert en cadeau de Noël. Il s’appelle Noël ! »</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     Gogo admire le magnifique poulet, mais elle ne passe plus la langue sur ses lèvres comme dans la publicité. Au contraire, elle serre Jamela contre elle et dit :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     « Eh bien, il me semble que c’est un très joyeux Noël, n’est-ce pas ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#993333;">     — Oh oui, Gogo ! répond Jamela. Un joyeux Noël pour Noël et pour moi ! »</span></h6>
<h6><span style="color:#993333;"> </span></h6>
<h6 align="right"><span style="color:#993333;"> </span></h6>
<h6 align="right"><span style="color:#993333;"> </span></h6>
<h6 align="right"><span style="color:#993333;">Niki Daly</span></h6>
<h6 align="right"><span style="color:#993333;"><em>Bon appétit, Jamela !</em></span></h6>
<h6 align="right"><span style="color:#993333;">Paris, Gautier-Languereau, 2001</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#993333;"> </span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#993333;">♣♣♣</span></h6>
<h6><span style="color:#993333;"><strong> </strong><strong> </strong></span></h6>
<h6><span style="color:#993333;text-decoration:underline;"><span style="text-decoration:underline;"><strong>Glossaire</strong></span></span></h6>
<h6><span style="color:#993333;"><strong> </strong></span></h6>
<h6><span style="color:#993333;"><em>Aikona</em> (xhosa / zulu) : Non !</span></h6>
<h6><span style="color:#993333;"><em>G</em><em>a</em> (afrikaaner) : Exclamation de dégoût.</span></h6>
<h6><span style="color:#993333;"><em>Hamba</em> (nguni) : Du balai !</span></h6>
<h6><span style="color:#993333;"><em>Marimba</em> (swahili) : Sorte de xylophone africain.</span></h6>
<h6><span style="color:#993333;"><em>Molo</em> (xhosa) : Salut !</span></h6>
<h6><span style="color:#993333;"><em>Sisi</em> (xhosa) : Sœur. Les femmes s’appellent ainsi entre elles (excepté les plus âgées, qu’on appelle <em>Mamas</em>). Une maman peut appeler sa fille Sisi en signe d’affection.</span></h6>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/noelparminous.wordpress.com/900/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/noelparminous.wordpress.com/900/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/noelparminous.wordpress.com/900/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/noelparminous.wordpress.com/900/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/noelparminous.wordpress.com/900/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/noelparminous.wordpress.com/900/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/noelparminous.wordpress.com/900/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/noelparminous.wordpress.com/900/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/noelparminous.wordpress.com/900/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/noelparminous.wordpress.com/900/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/noelparminous.wordpress.com/900/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/noelparminous.wordpress.com/900/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/noelparminous.wordpress.com/900/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/noelparminous.wordpress.com/900/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&amp;blog=2172533&amp;post=900&amp;subd=noelparminous&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Bon appétit, Jamela ! 1</media:title>
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	</item>
		<item>
		<title>Les visiteurs de la  nuit de Noël</title>
		<link>http://noelparminous.wordpress.com/2011/11/16/les-visiteurs-de-la-nuit-de-noel-2/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Nov 2011 12:24:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Noël]]></category>
		<category><![CDATA[Paix]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Sentiments]]></category>

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		<description><![CDATA[            Le vieux Maximin est bouleversé. La nuit dernière, en songe, Jésus lui a dit qu’il viendrait le visiter ce soir. Or, ce soir, c’est Noël. Toute la journée, Maximin a apprêté sa maison. Il a passé l’aspirateur, décoré &#8230; <a href="http://noelparminous.wordpress.com/2011/11/16/les-visiteurs-de-la-nuit-de-noel-2/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&amp;blog=2172533&amp;post=886&amp;subd=noelparminous&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6 style="text-align:justify;"><a href="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/11/lesvisiteursdelanuitdenoel.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-887" title="LESVISITEURSDELANUITDENOEL" src="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/11/lesvisiteursdelanuitdenoel.jpg?w=584" alt=""   /></a></h6>
<h6 style="text-align:justify;">     </h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      Le vieux Maximin est bouleversé. La nuit dernière, en songe, Jésus lui a dit qu’il viendrait le visiter ce soir. Or, ce soir, c’est Noël. Toute la journée, Maximin a apprêté sa maison. Il a passé l’aspirateur, décoré le salon, dressé un beau couvert et cuisiné une dinde aux marrons. Maximin ajuste son plus beau papillon, lorsque la sonnette de l’entrée retentit.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      — Déjà ! s’écrie-t-il. Il est en avance !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      Maximin se précipite pour ouvrir. Quelle déception ! Ce n’est pas Jésus qui est à la porte, mais mademoiselle Chiche, sa voisine.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      — Excusez-moi de vous déranger, monsieur Maximin. Il me manque un œuf pour mon omelette. Pourriez-vous m’en donner un ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      — Oui, oui, répond Maximin sur un ton pressé.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      Le vieux monsieur court à sa cuisine et revient, un œuf à la main.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      — C’est bien triste de passer Noël toute seule, vous ne trouvez pas ? poursuit sa voisine qui aimerait bien discuter un moment.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      — C’est vrai, c’est vrai, bougonne Maximin. Bonne soirée, mademoiselle Chiche, ajoute-t-il en la remettant doucement à la porte. Et joyeux Noël !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">       Maximin retourne allumer les bougies de la table, lorsqu’on frappe à la porte.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      — J’arrive, dit-il d’une voix joyeuse.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      Nouvelle déception ! Ce n’est qu’un mendiant venu lui demander quelques sous pour Noël.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      — Ça sent bon la dinde aux marrons, constate le pauvre homme, les yeux brillants de gourmandise. Cela fait si longtemps que je n’en ai pas mangé…</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      — Allez, allez ! Prenez ça, répond Maximin en lui tendant un billet. Et joyeux Noël ! ajoute-t-il en le poussant gentiment vers la sortie.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      Maximin referme la porte et regarde sa montre : 20h30. « Jésus ne devrait pas tarder », pense-t-il. Et en effet, un léger coup à la porte le fait sursauter. Mais ce n’est toujours pas Jésus ! C’est Paul, le petit voisin du dessus.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      — Que veux-tu ? lui demande Maximin un peu sévèrement.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      — Maman est de garde cette nuit, répond le petit garçon. Elle m’a laissé tout seul, car personne ne pouvait me garder le soir de Noël. J’ai peur !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      — Allons, allons, sois courageux !  lui dit Maximin.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      Le petit garçon regarde avec envie l’appartement tout éclairé. Il resterait bien dormir ici.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      — Tiens, voilà pour toi, dit Maximin en lui tendant des friandises. Remonte te coucher maintenant, ajoute-t-il en l’accompagnant jusqu’à l’escalier.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      Et puis Maximin attend, attend, attend…</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      Finalement, la dinde a refroidi, les bougies ont fondu et Maximin s’est endormi.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      Dans son sommeil, Jésus lui apparaît de nouveau :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      —  Seigneur, tu n’es pas venu, lui reproche Maximin.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      — Si ! répond Jésus. Je suis venu trois fois, mais tu ne m’as jamais invité à rester  !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      Brusquement, Maximin se réveille. Il regarde sa montre : il n’est pas si tard !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#ac2900;">      Vite, il se dépêche d’aller chercher mademoiselle Chiche, le mendiant et Paul. Cette fois, il les invite tous trois à venir et passe avec eux le plus beau des soirs de Noël !</span></h6>
<h6 align="right"> </h6>
<h6 align="right"> </h6>
<h6 align="right"><span style="color:#ac2900;">Christine Pedotti</span></h6>
<h6 align="right"><span style="color:#ac2900;"><em>24 histoires de Noël pour attendre Jésus</em></span></h6>
<h6 align="right"><span style="color:#ac2900;">Paris,  Mame, 2007</span></h6>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/noelparminous.wordpress.com/886/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/noelparminous.wordpress.com/886/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/noelparminous.wordpress.com/886/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/noelparminous.wordpress.com/886/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/noelparminous.wordpress.com/886/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/noelparminous.wordpress.com/886/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/noelparminous.wordpress.com/886/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/noelparminous.wordpress.com/886/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/noelparminous.wordpress.com/886/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/noelparminous.wordpress.com/886/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/noelparminous.wordpress.com/886/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/noelparminous.wordpress.com/886/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/noelparminous.wordpress.com/886/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/noelparminous.wordpress.com/886/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&amp;blog=2172533&amp;post=886&amp;subd=noelparminous&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">LESVISITEURSDELANUITDENOEL</media:title>
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	</item>
		<item>
		<title>Si c’était vrai ?</title>
		<link>http://noelparminous.wordpress.com/2011/11/03/si-s%e2%80%99etait-vrai/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Nov 2011 08:59:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Animaux]]></category>
		<category><![CDATA[Crèche]]></category>
		<category><![CDATA[Enfants]]></category>
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		<category><![CDATA[Nature]]></category>
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		<category><![CDATA[Sentiments]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est le soir de Noël, à la ferme, dans les champs, dans les rues de la ville. C’est à minuit, le soir de Noël, qu’on entendit la nouvelle. Dans le vent, dans les arbres, sous la terre, et jusque dans &#8230; <a href="http://noelparminous.wordpress.com/2011/11/03/si-s%e2%80%99etait-vrai/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&amp;blog=2172533&amp;post=849&amp;subd=noelparminous&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6><a href="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/11/sisetaitvrai.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-850" title="Sisetaitvrai" src="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/11/sisetaitvrai.jpg?w=300&#038;h=181" alt="" width="300" height="181" /></a></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">C’est le soir de Noël,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">à la ferme,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">dans les champs,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">dans les rues de la ville.</p>
<p></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">C’est à minuit,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">le soir de Noël,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">qu’on entendit la nouvelle.</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Dans le vent, dans les arbres,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">sous la terre,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">et jusque dans les rêves.</p>
<p></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Le renard apprit la nouvelle,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">le renard qui s’approchait</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">du poulailler dans le noir.</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Et le ver, sous la terre, et le loup qui rôdait,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">le loup entendit la nouvelle.</p>
<p></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Et le chien apprit la nouvelle,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">le chien qui montrait les dents</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">au chat qui flairait la souris,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">la souris réfugiée dans un trou,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">un petit trou dans le mur,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">dans le froid.<br />
</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Et dehors, dans la ruelle,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">deux chats qui sifflaient, miaulaient,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">deux chats entendirent la nouvelle.</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Le hibou apprit la nouvelle,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Le hibou aux yeux perçants,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">et la musaraigne,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">dans le fossé,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">et le général qui rêvait dans son lit,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">qui rêvait de guerre,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">et les soldats alignés</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">dans la chambre à jeux.</p>
<p></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">La blanche hermine et le furet,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">le lapin apeuré,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">la grande baleine sous l’eau</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">et le baleinier sur son bateau,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">et le chasseur dans son sommeil,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">les chiens et le lièvre,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">là-bas dans les champs gelées,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">tous entendirent la nouvelle.</p>
<p></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">C’est la nuit de Noël, à minuit,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">que sonnèrent les cloches de l’église.</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">C’est la nuit de Noël,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">qu’on apprit la nouvelle.<br />
</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Et si c’était vrai ?</p>
<p></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">« Si c’était vrai ? »</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">dit le renard à la poule.</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Et la poule le dit au loup,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">et le loup le dit au mouton,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">et le mouton le dit</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">au chien, et le chien</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">au chat, et le chat</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">à la souris, et la souris</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">au hibou, et le hibou le dit</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">au général dans son lit.</p>
<p></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">« Si c’était vrai ? »</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">dit le général.</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Et il le dit aux soldats</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">alignés par deux</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">dans la chambre à jeux.</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Et les soldats le dirent</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">à la blanche hermine,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">à la belette et au furet.</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Et la baleine le dit même</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">au baleinier sur son bateau.</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">« Si c’était vrai ? »</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">dirent les chasseurs</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">aux chiens dans les champs,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">et les chiens</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">le dirent au lièvre.</p>
<p></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Et si c’était vrai ?</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">« Allons voir »,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">se dirent-ils tous.</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Et tous ils laissèrent</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">la bataille, la chasse</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">et la guerre.</p>
<p></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Tous ils se mirent en route.</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Le renard avec les poules,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">le mouton avec le loup,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">et le chien avec le chat,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">le chat avec la souris,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">la musaraigne et le hibou, les soldats,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">la blanche hermine, la belette et le furet, le lapin,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">le lièvre avec les chiens. Et le baleinier</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">avec la grande baleine.</p>
<p></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Et pendant qu’ils marchaient</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">dans les champs,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">et dans les rues de la ville,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">le neige se mit à tomber.</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">C’est la nuit de Noël,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">qu’ils arrivèrent à l’étable, et qu’ils virent…</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">…que c’était vrai.</p>
<p></span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">« C’était vrai ! »</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">Et tous,</span></h6>
<h6 align="center"><span style="color:#c00000;">ils se mirent à genoux.</p>
<p></span></h6>
<h6 align="right"><span style="color:#c00000;">Susan Heill; Angela Barrett</span></h6>
<h6 align="right"><span style="color:#c00000;"><em>Si c’était vrai ?</em></span></h6>
<h6 align="right"><span style="color:#c00000;">Paris, Duculot, 1988</span></h6>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/noelparminous.wordpress.com/849/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/noelparminous.wordpress.com/849/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/noelparminous.wordpress.com/849/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/noelparminous.wordpress.com/849/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/noelparminous.wordpress.com/849/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/noelparminous.wordpress.com/849/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/noelparminous.wordpress.com/849/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/noelparminous.wordpress.com/849/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/noelparminous.wordpress.com/849/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/noelparminous.wordpress.com/849/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/noelparminous.wordpress.com/849/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/noelparminous.wordpress.com/849/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/noelparminous.wordpress.com/849/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/noelparminous.wordpress.com/849/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&amp;blog=2172533&amp;post=849&amp;subd=noelparminous&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Noël de dernière minute</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Nov 2011 08:54:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Animaux]]></category>
		<category><![CDATA[Cultures]]></category>
		<category><![CDATA[Enfants]]></category>
		<category><![CDATA[Noël]]></category>
		<category><![CDATA[Père Noël]]></category>
		<category><![CDATA[Symboles]]></category>

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		<description><![CDATA[En ce temps là, la fête de « Noël» était inscrite au 6 décembre du calendrier, jour de la Saint Nicolas, pour la bonne raison que c’était ce brave évêque qui parcourait la terre pour distribuer des jouets aux enfants &#8230; <a href="http://noelparminous.wordpress.com/2011/11/03/noel-de-derniere-minute/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&amp;blog=2172533&amp;post=844&amp;subd=noelparminous&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6 style="text-align:center;"><a href="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/11/noeldederniereminute.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-845" title="Noeldederniereminute" src="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/11/noeldederniereminute.jpg?w=584" alt=""   /></a></h6>
<h6 style="text-align:center;"><span style="color:#000080;"><em>En ce temps là, la fête de « Noël» était inscrite au 6 décembre du calendrier, jour de la Saint Nicolas, pour la bonne raison que c’était ce brave évêque qui parcourait la terre pour distribuer des jouets aux enfants sages. C’est toujours lui, d’ailleurs, mais pour la commodité du récit, nous lui garderons le sobriquet qu’il a reçu depuis des siècles : le Père Noël.</em></span></h6>
<p>&nbsp;</p>
<h6></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Donc, depuis des siècles, saint Nicolas, dit le Père Noël, suivait la tradition : à peine revenu de sa tournée annuelle il se mettait à penser à la prochaine et, dans sa maison qui se trouve au pôle Nord, comme chacun sait, penché sur sa planche à dessins, il faisait les croquis des jouets qu’il comptait fabriquer pour le bonheur des enfants : poupées, voitures, ballons… etc., ce qui changeait avec les modes et les époques, bien sûr, sauf peut-être en ce qui concernait les ballons, toujours ronds ou ovales.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Lorsqu’il avait arrêté son projet, il en faisait un moule et sortait le jouet en milliers ou en millions d’exemplaires selon ses prévisions.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Ce travail artisanal, pourrait-on dire, outre qu’il lui prenait beaucoup de temps, avait le désavantage de manquer de précision. Fabriquant au jugé, il était difficile au Père Noël de tomber toujours juste dans le détail ; ainsi certaines années les poupées en robe bleue excédaient la demande tandis que les poupées en robe rouge manquaient. Il arrivait aussi qu’ayant prévu trop large, il lui restait des jouets sur les bras qu’il stockait dans un vieux hangar au bout de son jardin.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Bref, il n’avait guère le loisir de se reposer, et chaque année moins encore parce que les enfants se multipliaient à vitesse grand V malgré les efforts des guerres, des maladies et des famines.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Il arriva le moment où il se sentit débordé. Alors, il s’installa devant sa planche à dessin, réfléchit un jour et une nuit il conçut une machine spéciale tout à fait pratique composée d’un écran et d’un clavier reliés directement à une grande usine dont il commanda les pièces au Japon. Il l’appela « Ordinateur » parce qu’elle était sensée mettre de l’ordre dans son gâchis.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Et, pour ça, elle mit de l’ordre ! Plus d’à peu près, de tâtonnement, de bricolage. Une semaine avant Noël, il recevait les lettres des enfants, ce qui lui indiquait le goût de chacun et le nombre exact de paires de chaussures à remplir. Il ne lui restait plus qu’à taper sur le clavier par exemple : « Un million deux cent quarante poupées, modèle 308 », puis d’appuyer sur la touche marquée FABRICATION, et, après une série de clignotements accompagnés de « bip » sonores, le million deux cent quarante poupées modèle 308 s’alignait dans les réserves. Il n’avait pas besoin de plus d’une heure pour fabriquer, remplir sa hotte, atteler son traîneau et partir en tournée, ce qui lui donnait, bon an mal an, 365-jours-moins-une-heure de farniente et de loisirs.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Claus, le grand renne en chef, le meneur de son attelage, réprouvait cette machine miracle.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Au lieu de grogner, constate, mon bon ami, lui disait le Père Noël, du travail propre, signé, plus de soucis, de fatigue, d’imprévu !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Rien ne vaut la tradition, répondait Claus, l’air boudeur, tu verras. Cette machine te causera des ennuis avant longtemps !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Trois ans passèrent ainsi, puis, la quatrième année, à la veille de sa tournée, le Père Noël, comme il en avait pris l’habitude, brancha son réveil sur « Six-heures-avant-Noël » et se coucha.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     « Drelin, drelin, drelin ! claironna le réveil, il est six heures avant Noël. »</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Le Père Noël ouvrit l’œil :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — C’est bon, c’est bon, grogna-t-il en se retournant dans son lit.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     « Drelin, drelin, drelin, il est cinq heures avant Noël, claironna le réveil. »</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — La paix ! gronda le Père Noël en cachant sa tête dans son oreiller pour ne pas entendre.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Et, effectivement, il n’entendit pas le réveil claironner quatre heures puis trois, puis deux.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Enfin il s’éveilla et bondit hors de son lit en voyant au cadran qu’il ne lui restait plus qu’une petite heure. Vite, il s’habilla, mit ses bottes et s’assit devant son ordinateur :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">      — Allons-y&#8230; trois millions de panoplies de général… deux millions de poupées anglaises&#8230; trois millions de chevaux à bascule&#8230;</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Le Père Noël était devenu un virtuose du clavier, il en eut terminé au bout d’une demi-heure. Ouf ! il ne restait plus qu’à taper « rapetisser, emballer, remplir la hotte », et le tour était joué, mais auparavant, par conscience professionnelle, il alla jeter un coup d’œil à l’étalage des jouets afin de voir s’ils étaient bien conformes.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Horreur ! la machine avait déraillé, elle avait compris de travers. Par exemple, au lieu de panoplies de général, elle avait sorti des panoplies de cannibales&#8230; les poupées anglaises étaient en glaise, les chevaux à bascules étaient des chapeaux à capsules, le reste à l’avenant.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Que vais-je faire ? s’écria le Père Noël au désespoir.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Il alla jeter un coup d’œil chagrin aux jouets démodés, stockés dans le vieux hangar au bout de son jardin. Hélas ! Il y en avait juste de quoi satisfaire le centième des enfants de la terre, une misère !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Claus, le grand renne qui trouvait le temps long, vint aux nouvelles :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Il est deux minutes avant Noël, grogna-t-il, tu as intérêt à te dépêcher. Je n’ai pas envie de m’époumoner pour rattraper ton retard !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Cet amer reproche acheva de démoraliser le Père Noël. Avec accablement il raconta ses malheurs.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Je t’avais prévenu, dit Claus en soupirant, hélas ! Si seulement la Noël était&#8230; par exemple… le 25 décembre au lieu du 6 ! tu aurais peut-être le temps de refaire ton stock.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     — Je ne vois pas d’autre solution, j’en ai peur ! dit le Père Noël. C’est bon ! chargeons ce qui peut être chargé et partons !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     Ainsi qu’il l’avait pensé, il n’avait, cette année-là, dans sa besace, à peine de quoi satisfaire le centième des enfants de la terre, ceux qui étaient le plus près de chez lui, dans les pays du nord&#8230; Aux 99 centièmes qui restaient, il ne put que glisser dans leurs chaussures un bristol sur lequel il y avait : « Cher enfant, la fête de la Noël est reportée au 25 décembre. »</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">     C’est pourquoi, jusqu’à présent, le Père Noël, ayant commencé une nouvelle tradition, passe le 6 décembre dans les pays du nord, la Scandinavie, la Hollande, la Belgique, l’Allemagne, et le 25 décembre partout ailleurs.</span></h6>
<p>&nbsp;</p>
<h6 style="text-align:right;"><span style="color:#000080;">Nicole Vidal ; Florence Koenig</span></h6>
<h6 style="text-align:right;"></h6>
<h6 style="text-align:right;"><span style="color:#000080;">Jean-Hugues Malineau</span></h6>
<h6 style="text-align:right;"><span style="color:#000080;"><em>Almanach</em></span></h6>
<h6 style="text-align:right;"><span style="color:#000080;">Amiens, Corps Puce Jeunesse, 1996</span></h6>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/noelparminous.wordpress.com/844/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/noelparminous.wordpress.com/844/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/noelparminous.wordpress.com/844/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/noelparminous.wordpress.com/844/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/noelparminous.wordpress.com/844/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/noelparminous.wordpress.com/844/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/noelparminous.wordpress.com/844/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/noelparminous.wordpress.com/844/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/noelparminous.wordpress.com/844/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/noelparminous.wordpress.com/844/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/noelparminous.wordpress.com/844/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/noelparminous.wordpress.com/844/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/noelparminous.wordpress.com/844/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/noelparminous.wordpress.com/844/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&amp;blog=2172533&amp;post=844&amp;subd=noelparminous&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Petit ange</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Nov 2011 08:47:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
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		<description><![CDATA[     Il y a très, très longtemps, une gigantesque étoile resplendissante apparut dans le ciel. Elle était là pour annoncer au monde entier la naissance d’un bébé très important.      Aussitôt, tout le monde, du plus humble berger jusqu’au plus &#8230; <a href="http://noelparminous.wordpress.com/2011/11/03/petit-ange/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&amp;blog=2172533&amp;post=840&amp;subd=noelparminous&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6 style="text-align:justify;"><a href="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/11/petitange.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-841" title="PETITANGE" src="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/11/petitange.jpg?w=584" alt=""   /></a></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#4f6228;">     Il y a très, très longtemps, une gigantesque étoile resplendissante apparut dans le ciel. Elle était là pour annoncer au monde entier la naissance d’un bébé très important.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#4f6228;">     Aussitôt, tout le monde, du plus humble berger jusqu’au plus grand savant, se mit en route pour accueillir le nouveau-né.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#4f6228;">     Tout le monde sauf… Petit Ange !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#4f6228;">     — Je ne veux pas y aller ! dit le petit ange en tapant du pied. Les autres anges le regardèrent d’un air effaré.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#4f6228;">     — Il faut absolument que tu viennes ! lui dirent-ils à voix basse. Rappelle-toi ce qu’a dit Gabriel : nous devons tous y aller. Il a dit que nous devions briller comme des étoiles dans le ciel, puis descendre sur terre pour saluer la naissance du bébé. Tout le monde sera présent et Gabriel sera très fâché si tu n’y es pas.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#4f6228;">     — Je suis sûr qu’il ne s’en rendra même pas compte, répliqua le petit ange. Si je reste en haut jusqu’à ce que tout soit terminé, il n’en saura rien.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#4f6228;">     — Bien sûr que si ! s’écrièrent les autres anges en chœur. Gabriel sait tout. Tu te souviens ? C’est lui-même qui l’a dit : avec lui, rien ne passe inaperçu. Dès qu’on dit un mensonge, il le sait. Dès qu’on tire la langue à quelqu’un, il le sait. Et chaque fois que tu dis un gros mot, il le sait aussi. Alors, si tu ne lui obéis pas, il le saura forcément. Allez, viens vite !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#4f6228;">     Mais le petit ange refusa de les suivre et il resta tout seul dans le noire.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#4f6228;">     — Ça m’est égal, murmura-t-il. Je n’ai pas envie que tout le monde me voie avec cette auréole stupide et ces deux ailes ridicules. Et, de toute façon, d’ici je verrai tout ce qui se passe en bas.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#4f6228;">     Le petit ange se pencha pour regarder. Même s’il ne tenait pas à participer aux réjouissances, il ne voulait pas en perdre une miette. Il vit arriver les bergers et leurs agneaux… puis les trois rois mages avec leurs précieux cadeaux : l’or, la myrrhe et l’encens…il vit aussi l’aubergiste et sa femme, l’âne, le bœuf, le cheval et les autres anges.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#4f6228;">     Le petit ange se pencha un peu plus pour mieux voir. Dans un silence émerveillé, tout le monde s’était rassemblé autour d’un tout petit bébé.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#4f6228;">     Tout à coup, il ne fit plus noir du tout.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#4f6228;">     Tout le monde leva la tête. Alors, le petit ange apparut en pleine lumière.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#4f6228;">     Il ne savait pas quoi faire. Incapable de bouger, il resta là, pétrifié…</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#4f6228;">     Juste au moment où ses lèvres commençaient à trembler, un tonnerre d’applaudissements éclata dans la salle. Alors, le visage du petit ange s’illumina. Radieux comme une étoile, il se mit à sourire…</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#4f6228;">     …Et tout le monde en fit autant.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#4f6228;">     Surtout M. Gabriel, le directeur de l’école.</span></h6>
<h6 style="text-align:right;" align="right"><span style="color:#4f6228;">Ruth Brown</span></h6>
<h6 style="text-align:right;" align="right"><span style="color:#4f6228;"><em>Petit Ange</em></span></h6>
<h6 style="text-align:right;" align="right"><span style="color:#4f6228;">Paris, Gallimard Jeunesse, 1998</span></h6>
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	</item>
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		<title>Amahl et les visiteurs de la nuit</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Nov 2011 18:44:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Étoile]]></category>
		<category><![CDATA[Cultures]]></category>
		<category><![CDATA[Enfants]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
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		<description><![CDATA[Les étoiles étaient de plus en plus lumineuses dans le ciel qui s’obscurcissait. Mais il y en avait une plus étincelante que les autres.       Les notes d’un pipeau de berger résonnaient dans l’air froid de l’hiver.       C’était un &#8230; <a href="http://noelparminous.wordpress.com/2011/11/02/amahl-et-les-visiteurs-de-la-nuit/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&amp;blog=2172533&amp;post=832&amp;subd=noelparminous&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6><a href="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/11/amhal.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-833" title="Amhal" src="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/11/amhal.jpg?w=300&#038;h=263" alt="" width="300" height="263" /></a></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">Les étoiles étaient de plus en plus lumineuses dans le ciel qui s’obscurcissait. Mais il y en avait une plus étincelante que les autres.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Les notes d’un pipeau de berger résonnaient dans l’air froid de l’hiver.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      C’était un enfant qui jouait de tout son cœur, emmitouflé dans une lourde cape. Il ne pouvait détacher ses yeux de l’étoile étincelante. Et il n’entendait même pas sa mère qui l’appelait de la petite maison voisine.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Un moment plus tard, elle appela de nouveau.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Amahl, c’est l’heure de te coucher.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl abaissa son pipeau.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — J’arrive, répondit-il.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Mais il ne bougea pas et se remit à jouer. Sa mère l’appela encore, d’une voix fâchée.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Il faudra que je crie combien de fois pour que tu te mettes à obéir ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Mais la lune ne s’est pas encore levée. Je voudrais rester juste un peu.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl suppliait presque. Alors la mère frappa vivement dans ses mains.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — On ne verra pas la lune cette nuit. Mais on verra bientôt un enfant qui pleurera s’il ne se dépêche pas d’obéir.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Et elle fit claquer la fenêtre en la fermant.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Oh, bon, très bien&#8230;</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl ramassa sa béquille sur le sol. En s’y appuyant lourdement, il boitilla jusqu’à la maison. Il accrocha sa cape et son bonnet au clou et posa doucement son pipeau sur la cheminée. Puis il retourna jusqu’à la porte pour contempler une dernière fois l’étoile qui scintillait.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Qu’est-ce qui te retenait dehors comme ça ? lui demanda sa mère accroupie devant la cheminée où elle essayait d’allumer un petit feu de brindilles.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl se tourna vers elle.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Oh, maman, tu devrais aller voir la nuit. Il n’y a jamais eu un ciel pareil. Au-dessus de notre toit, il y a une étoile aussi grosse qu’une fenêtre. Elle a une queue et elle avance dans le ciel comme un chariot en feu.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      La mère poussa un soupir.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Oh, Amahl, dit-elle d’une voix fatiguée. Quand cesseras-tu d’inventer des histoires ? Toute la journée, tu te promènes dans un rêve.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Elle laissa errer son regard dans la pièce presque vide.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Nous n’avons plus rien à manger. Il n’y a plus de bois pour le feu, pas une goutte d’huile dans la jarre et toi, tout ce que tu trouves à faire, c’est de contrarier ta mère avec des contes à dormir debout !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Et elle ajouta d’un air grave :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Oh, Amahl, as-tu oublié que tu m’avais promis de ne plus jamais mentir ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Maman, ce n’est pas un mensonge, dit Amahl. S’il te plaît, crois-moi.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Il la tira par la jupe.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Viens dehors et je te montrerai. Tu verras toi-même.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Mais sa mère se libéra en lui disant :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Arrête de m’ennuyer. Pourquoi devrais-je te croire ? Tu viens m’inventer chaque jour quelque chose de nouveau. D’abord, tu voyais un léopard avec une tête de femme. Puis une branche d’arbre qui criait et qui saignait. Puis un poisson grand comme une barque, avec des moustaches de chat, des ailes de chauve-souris et des cornes de chèvre. Et maintenant, c’est une étoile aussi grande qu’une fenêtre ou qu’une charrette. Et comme si ça ne suffisait pas, l’étoile a une queue, et la queue est en feu!</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Mais elle y est, cette étoile, insista Amahl. Et elle a une queue longue comme ça.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Il écartait les bras autant qu’il le pouvait. Quand il vit sa mère froncer les sourcils, il rapprocha ses bras.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Bon, enfin, seulement longue comme ça, mais il y en a une ! J’en suis sûr !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Amahl !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      La voix de sa mère était pleine de reproche.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Maman, je te le jure sur la tête de…</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Mais la mère l’entoura de ses bras en lui disant :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Mon petit Amahl, c’est la faim qui te monte à la tête.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Et elle continua, ne s’adressant plus vraiment à son fils, mais se parlant à elle-même.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Oh, Dieu, que doit faire une pauvre veuve quand ses tiroirs et ses poches sont vides et que tout est vendu ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Elle se laissa tomber sur le petit tabouret en pleurant :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Comment pourrons-nous survivre demain sans aller mendier ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Ne pleure pas, ma petite maman. Ne t’inquiète pas pour moi, je t’en prie.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl s’agenouilla près d’elle.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — S’il faut aller mendier, je serai un bon mendiant. Je jouerai de jolis airs sur mon pipeau, pour faire danser les gens. Nous irons jusqu’à la ville, tu t’habilleras en bohémienne et moi en clown. Je jouerai des airs sur mon pipeau et toi, tu chanteras. Les gens se mettront aux fenêtres. Le roi passera, il t’entendra et il nous jettera de l’or.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl et sa mère essayaient de sourire. Ils savaient bien tous les deux que c’était une façon de s’amuser, car il n’y avait rien pour dîner ce soir-là. Amahl continua d’une voix rêveuse.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — A midi, nous mangerons de l’oie rôtie et des amandes douces et la nuit, nous dormirons avec les moutons sous les étoiles.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Sa mère le prit dans ses bras en lui disant :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Bonne nuit, mon petit rêveur.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl embrassa sa mère et s’allongea sur un tapis de paille. Il posa la béquille juste à côté de lui. Sa mère le couvrit avec sa cape et alla s’étendre sur le banc près de la cheminée. Elle ne tarda pas à s’endormir.</span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#365f91;">♦♦♦♦</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Les yeux grands ouverts dans la pièce obscure, Amahl entendait des gens qui chantaient, là-bas dans le lointain :</span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#365f91;"><em>De très loin nous venons, et plus loin nous allons.</em></span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#365f91;"><em>O belle étoile de cristal, plus loin jusqu’à quand?</em></span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl se redressa sur un coude. Le chant se rapprochait. Il repoussa sa cape, prit sa béquille et sautilla jusqu’à la fenêtre. Tout d’abord, il ne vit rien, malgré le chant qui continuait.</span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#365f91;"><em>De très loin nous venons, et plus loin nous allons.</em></span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#365f91;"><em>O belle étoile de cristal, plus loin jusqu’à quand ?</em></span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Alors, Amahl vit la superbe caravane qui s’approchait de sa maison. Trois chameaux majestueux montés par trois hommes richement vêtus défilèrent devant ses yeux et s’arrêtèrent. On frappa à la porte.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      La mère somnolait sur son banc, elle ne bougea pas. Amahl se tourna vers elle d’un air interrogateur. Alors la mère dit d’une voix endormie :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Va voir qui frappe.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl boitilla jusqu’à la porte et l’entrouvrit. Un des hommes de la caravane, richement vêtu, se tenait devant lui. En le voyant de plus près, Amahl vit qu’il portait une couronne. L’enfant le fixa un instant, puis il referma brusquement la porte et se précipita vers sa mère.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Maman, maman, maman, cria-t-il en allant aussi vite qu’il pouvait vers elle. Viens avec moi. Je veux être sûr que tu vois ce que je vois. Dehors, à la porte, il y a&#8230; il y a un roi, avec une couronne sur la tête.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Sa mère leva les yeux au plafond d’un air désespéré :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Mais que vais-je faire de cet enfant ? Que vais-je en faire ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Puis elle le regarda.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Si tu continues à inventer des histoires, je serai obligée de te battre.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Alors on frappa de nouveau à la porte.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Va voir qui c’est et demande à ces gens ce qu’ils veulent, dit la mère en se recouchant.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl entrouvrit la porte encore une fois, jeta un coup d’œil dehors. Il courut à nouveau vers sa mère.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Maman, maman, maman, viens avec moi. Je veux être sûr que tu vois ce que je vois. Maman, je n’ai pas dit la vérité tout à l’heure. C’est vrai, il n’y a pas un roi dehors. Il y a deux rois, dit Amahl.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Il retint son souffle en attendant la réaction de sa mère. Il y eut un silence. Et pour la troisième fois Amahl boitilla jusqu’à la porte. Il regarda dehors et revint vers sa mère en disant :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Maman, maman, maman, viens avec moi. Si je te dis la vérité, je sais que tu ne me croiras pas. Tu sais, il n’y a pas deux rois dehors&#8230; Il y en a trois, annonça Amahl. Et l’un des trois est noir.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      La mère se leva alors de son banc.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Je vais aller ouvrir moi-même. Et après, tu auras affaire à moi, tu vas voir&#8230;</span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#365f91;">♦♦♦♦</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Quand elle ouvrit la porte, la mère resta bouche bée, puis elle salua très bas. Car debout dans l’entrée se trouvaient trois hommes somptueusement vêtus. Chaque roi portait un objet lumineux et beau. L’un, un calice de myrrhe satiné, l’autre, un vase d’encens reluisant et le troisième, un coffret d’or sculpté.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Bonsoir! dirent ensemble les trois rois.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Tu me crois maintenant ? chuchota Amahl à sa mère.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Elle s’adressa aux rois :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Nobles sires&#8230;</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Pouvons-nous passer un moment chez vous et nous réchauffer à votre feu ? demanda le roi noir.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Je suis une pauvre veuve, dit la mère. Tout ce que je peux vous offrir, c’est une cheminée sans feu et un lit de paille. Mais vous êtes les bienvenus chez moi. Entrez, entrez !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Un serviteur entra le premier, une lanterne à la main. Il pliait sous les bagages qu’il portait sur son dos et parmi lesquels il y avait un tapis d’Orient, un perroquet dans sa cage et un magnifique coffre serti de pierres précieuses. Il déposa le tout à terre, puis il revint et se précipita pour faire entrer les rois.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Soulevant la traîne de celui qui était sourd, le serviteur annonça bien fort :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Le roi Gaspard.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Et il l’accompagna jusqu’à la cheminée.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Puis il se dépêcha de retourner à la porte pour saisir la traîne du roi noir en disant respectueusement :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Le roi Balthazar.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Et ils allèrent rejoindre le roi Gaspard. Enfin, le serviteur escorta le troisième roi, qu’il nomma le « roi Melchior ». Pour finir, il déplia le superbe tapis oriental et y étala les trésors que les rois avaient apportés avec eux.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — C’est un endroit agréable, dit Melchior en promenant son regard dans la pièce.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      La mère d’Amahl décrocha son châle et dit :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Je vais aller chercher du bois pour le feu.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Nous ne pouvons rester que très peu de temps, dit Melchior. Il ne faut pas que nous perdions de vue notre étoile.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Votre étoile ? demanda la mère.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Qu’est-ce que je t’avais dit ! chuchota Amahl.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Je reviens tout de suite&#8230; et Amahl, toi, ne les ennuie pas.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      A peine la porte fut-elle fermée derrière sa mère, Amahl s’approcha de Balthazar.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Est-ce que tu es un vrai roi ? demanda-t-il en s’appuyant sur sa béquille.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Oui, bien sûr ! répondit Balthazar.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Tu as du sang royal ? demanda Amahl.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Eh oui ! répondit Balthazar.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Je peux le voir ? demanda Amahl.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — C’est le même que le tien, dit Balthazar.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Alors, ça sert à quoi d’en avoir ? demanda Amahl.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — A rien, répondit Balthazar.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Où tu habites ? demanda Amahl.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Dans un palais de marbre noir, rempli de panthères noires et de colombes blanches, dit Balthazar. Et toi, petit garçon, qu’est-ce que tu fais dans la vie ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — J’étais berger, dit Amahl tristement. J’avais un troupeau de moutons, mais ma mère les a vendus. Maintenant, il ne m’en reste plus un seul. J’avais une chèvre noire qui me donnait du bon lait tiède. Mais elle est morte de vieillesse. Et maintenant, il n’y a plus de chèvre.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl se tourna vers Gaspard qui donnait à manger à son perroquet et lui demanda :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Tu es un vrai roi, toi aussi ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Oh oui, absolument, absolument. Je suis un vrai roi.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — C’est quoi, ça ? demanda Amahl en montrant le perroquet.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — C’est un perroquet, dit Gaspard.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Et ça, qu’est-ce que c’est ? demanda Amahl en montrant le coffre splendide incrusté de pierres précieuses.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Alors, Gaspard prit le coffre et il expliqua à Amahl.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — C’est mon coffre. Je ne pars jamais en voyage sans lui.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Il ouvrit le tiroir du haut.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Dans le premier tiroir, j’enferme mes pierres magiques.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Et Gaspard sortit ses pierres une à une, devant les yeux émerveillés d’Amahl.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Une cornaline contre le mal et contre la jalousie, une pierre de lune pour s’endormir, du corail rouge pour guérir les blessures, un lapis-lazuli contre la fièvre d’hiver, un peu de jaspe pour trouver de l’eau, une petite topaze pour calmer les brûlures des yeux, et un rubis rouge pour se protéger de la foudre.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Gaspard ouvrit le tiroir suivant :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Dans le second tiroir, je range toutes les perles. Et dans le troisième tiroir&#8230;</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Il s’arrêta et Amahl entendit à peine Gaspard murmurer :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Oh, petit garçon, dans le troisième tiroir, je mets&#8230;</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Gaspard respira profondément et fit un large sourire à Amahl.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Je mets de la réglisse, dit-il joyeusement. De la bonne douce réglisse noire. Tu peux en prendre, mon garçon.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Il approcha le tiroir d’Amahl qui prit un morceau de réglisse et un autre, et un autre&#8230; Il était en train d’avaler le dernier lorsque sa mère revint.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Amahl, je t’avais pourtant dit de ne pas ennuyer les rois, gronda-t-elle. Je veux que tu ailles chercher les bergers, lui dit-elle. Parle-leur de nos visiteurs et demande-leur d’apporter ce qu’ils auront chez eux, puisque nous n’avons rien à offrir. Va, vite.</span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#365f91;">♦♦♦♦</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl s’enveloppa de sa cape et mit son chapeau. S’appuyant sur sa béquille, il courut aussi vite qu’il pouvait en boitillant. La mère s’avança vers le coffre tout rutilant d’or et les riches calices remplis de myrrhe et d’encens qui étaient posés devant les rois :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Oh ! Toutes ces belles choses ! s’exclama-t-elle. Et tout cet or !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Ce sont des cadeaux pour l’Enfant, dit Melchior.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — L’enfant ? demanda la mère. Quel enfant ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Nous ne le savons pas, dit Melchior, mais l’étoile nous guidera jusqu’à lui.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Je le connais peut-être, dit la mère. Comment est-il ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Avez-vous vu un enfant de la couleur du blé, de la couleur de l’aurore ? demanda Melchior. Ses yeux sont tendres et ses mains sont celles d’un roi. Nous lui portons de l’or, de la myrrhe et de l’encens. Et l’étoile, à l’est, nous sert de guide.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      La mère répondit doucement.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Oui, je connais un enfant de la couleur du blé, de la couleur de l’aurore. Ses yeux sont tendres et ses mains sont celles d’un roi. Mais personne ne lui portera de l’or ou de l’encens, bien qu’il soit infirme et pauvre, qu’il ait faim et qu’il ait froid.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Elle s’arrêta un instant et reprit :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — C’est mon enfant, mon fils, mon amour, c’est le mien.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Melchior étendit sa main en disant :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — L’Enfant que nous cherchons tient les mers et les vents dans le creux de sa main.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — L’Enfant que nous cherchons a la lune et les étoiles à ses pieds, dit Gaspard.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Et Balthazar ajouta :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — En face de Lui, l’aigle est toute tendresse, le lion toute douceur.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Alors la mère alla vers la porte pour voir si Amahl arrivait et elle dit doucement :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — L’enfant que je connais tient ma main dans sa paume, l’enfant que je connais a ma vie à ses pieds. C’est mon enfant, mon fils, mon amour, c’est le mien, et son nom est Amahl.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      La pièce se remplit de silence, d’un tel silence que Gaspard s’assoupit. Et soudain, un bref appel retentit.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Voilà les bergers, dit la mère.</span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#365f91;">♦♦♦♦</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      De la porte, la mère voyait les lanternes qui éclairaient la nuit sombre. Derrière Amahl, les bergers et leurs familles venaient honorer les rois et leur apporter des cadeaux. Tandis qu’ils s’approchaient de la maison ils se saluaient joyeusement les uns les autres et se bousculaient sur le seuil de la maison d’Amahl.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Oh, regardez, regardez ! se disaient-ils les uns aux autres.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Ils étaient tellement étonnés de la splendeur des rois qu’ils n’osaient pas entrer. Amahl se fraya un passage pour aller prendre place aux côtés de sa mère qui encouragea les bergers.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Entrez, entrez, de quoi avez-vous peur ? Ne soyez pas timides. Montrez-leur ce que vous avez apporté.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Mais personne n’avançait. Mais un homme se détacha du groupe, s’approcha des rois. Il s’inclina et déposa un plateau devant eux en disant :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Voici des olives, des coings, des pommes et des raisins, de la noix muscade et des piments, des kakis et des châtaignes. C’est tout ce que nous pouvons vous offrir, nous les bergers.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Et il reprit sa place parmi les autres.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Merci, merci, merci grandement, dirent les trois rois.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Un second berger s’approcha d’eux, et après s’être incliné, il déposa un autre plateau en disant :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Des cédrats et des citrons, des grenades et des melons, du fromage de chèvre et des noix, des figues et des concombres, c’est tout ce que nous avons à offrir, nous les bergers.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Merci, merci, merci grandement, dirent de nouveau les trois rois.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Un troisième berger s’approcha encore et présenta ses cadeaux :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Des noisettes et de la camomille, du réséda et du laurier, des rayons de miel et de la cannelle, du thym, de la menthe et de l’ail, c’est tout ce que nous pouvons vous donner, nous les bergers, dit-il.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Et de nouveau les trois rois parlèrent ensemble pour dire :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Merci, merci, merci grandement à vous aussi.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Prenez, mangez, vous êtes les bienvenus, dit un berger aux rois.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Un autre berger dit au serviteur :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Prenez, mangez, vous êtes le bienvenu vous aussi.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Ne danserez-vous pas en l’honneur des rois ? demanda la mère d’Amahl à quelques bergers et bergères.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl prit son pipeau et se rapprocha d’un vieil homme au coin du feu. Ils se mirent alors à jouer ensemble. Ils n’étaient pas nombreux à danser au débout, car les rois les intimidaient. Mais bientôt, ils prirent confiance, et presque tous se mirent à sauter et tourbillonner. Amahl et le vieil homme jouèrent tous les morceaux de danse qu’ils connaissaient, accordant leur musique aux danseurs. A la fin, Balthazar se leva en disant :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Merci, bons amis. Merci pour vos danses et vos cadeaux. A présent il faut nous souhaiter bonne nuit. Il nous reste peu de temps pour dormir et nous avons beaucoup de chemin à faire, demain.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Les bergers s’inclinèrent un à un devant les rois et sortirent de la maison d’Amahl en chantant.</span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#365f91;"><em>Bonne nuit, gentils rois, adieu et bonne nuit.</em></span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#365f91;"><em>Le matin se devine aux étoiles fanées.</em></span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#365f91;"><em>Bonne nuit, gentils rois, adieu et bonne nuit.</em></span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#365f91;"><em>Le vent de nuit prédit une belle journée.</em></span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Puis les voix des bergers s’éteignirent dans l’air de la nuit. A l’intérieur de la maison, les rois étaient en train de s’installer pour la nuit devant la cheminée. Tandis que sa mère disposait un tapis de paille sur le sol pour elle, Amahl s’approcha de Gaspard sans qu’elle s’en aperçoive. Il alla en boitant jusqu’au roi et il lui dit :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Excusez-moi, Sire, mais parmi vos pierres magiques, est-ce qu’il y en a une&#8230;est-ce qu’il y en a une qui pourrait guérir un garçon infirme ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Que dis-tu ?</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Gaspard n’avait pas entendu. Amahl se détourna tristement :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Ça ne fait rien&#8230; Bonne nuit.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Le chant des bergers flottait encore dans le silence et l’obscurité de la pièce.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#365f91;"><em>Bonne nuit, bonne nuit.</em></span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#365f91;"><em>Le matin se devine,</em></span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#365f91;"><em>Bonne nuit, adieu et bonne nuit.</em></span></h6>
<p>&nbsp;</p>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl et sa mère sur leur paillasse, les trois rois blottis les uns contre les autres, et le serviteur recroquevillé sur le tapis près de l’or, ils écoutaient tous les dernières notes de la chanson des bergers qui résonnait dans le lointain. Bientôt, tout le monde s’endormit.</span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#365f91;">♦♦♦♦</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Seule la mère d’Amahl était éveillée, assise toute raide sur sa paillasse. Elle regardait le trésor posé tout près du serviteur. « Tout cet or, pensait-elle. Je me demande si les riches savent que faire de leur or. Les riches savent-ils qu’avec de l’or on peut nourrir un enfant ? Savent-ils qu’on peut chauffer une maison tout le jour avec des bûches qui brûlent ? Savent-ils qu’on peut acheter du maïs doux et le faire griller sur le feu ? Savent-ils traire une chèvre nourrie de trèfle ? Savent-ils parfumer le vin chaud avec des épices pour les nuits froides d’hiver ? »</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      La mère se redressa et approcha un peu plus de l’or.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Oh, tout ce que je pourrais faire pour mon enfant avec cet or !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Et elle se demandait : « Pourquoi donneraient-ils tout cela à cet enfant qu’ils ne connaissent même pas ? » Elle avança un peu plus. Elle pensait : « Ils dorment. Aurais-je le courage ? Si je n’en prends qu’un petit peu, cela ne leur manquera même pas. » Sa main se tendit vers l’or et elle murmura :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Pour mon enfant&#8230; pour mon enfant&#8230; pour mon enfant&#8230;</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Brusquement, le serviteur se réveilla. Il saisit la mère d’Amahl par le poignet.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Quelle honte ! Quelle honte ! dirent les rois.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl ouvrit les yeux et aperçut sa mère prisonnière du serviteur. Il courut en boitillant jusqu’à Gaspard et le tira par sa tunique.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Oh, ne le laisse pas faire du mal à ma mère. Ma mère est bonne. Elle ne fait jamais de mal.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Alors, Gaspard fit signe au serviteur de laisser la mère tranquille. Elle s’agenouilla et tendit les bras à Amahl. Il s’y précipita, laissant tomber sa béquille sur le sol. Melchior s’approcha d’eux.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Oh, femme, dit-il, tu peux garder l’or que tu as pris. L’Enfant que nous cherchons n’a pas besoin de notre or. Il bâtira son royaume uniquement sur l’amour. Sa main ne tiendra pas de sceptre, sa tête ne portera pas de couronne. Et sa puissance ne reposera pas sur la peur.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Puis Melchior se tourna vers Gaspard et Balthazar et leur proposa :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Allons les amis, partons. Il est temps.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      La mère se précipita vers les rois pour s’agenouiller devant eux. Elle dit :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Attendez. Reprenez votre or. Toute ma vie, j’ai attendu un tel roi. Et si je n’étais pas aussi pauvre, j’enverrais moi aussi un cadeau à cet Enfant-roi.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Maman, dit Amahl, laisse-moi lui envoyer ma béquille. Il en a peut-être besoin et celle-ci, c’est moi qui l’ai faite.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl tendit sa béquille aux rois.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Sa mère le regardait horrifiée. Elle s’écria :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Mais tu ne peux pas faire ça, tu ne peux pas !</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl fit un pas en avant, brandissant sa béquille en l’air.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Dans la pièce, ce fut le silence. Portant sa béquille entre ses mains tendues en avant, Amahl fit un autre pas. Puis, brisant le silence, il chuchota :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">       — Je marche, maman, je marche sans béquille.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Il marche&#8230; dirent ensemble les trois rois.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — Il marche&#8230; sans boiter, dit la mère en se relevant, sans quitter son fils des yeux, son fils qui avançait d’un pas ferme vers les rois en leur tendant sa béquille.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Quand il l’eut déposée entre les mains de Gaspard, les rois dirent :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      — C’est un signe du Saint-Enfant. Offrons nos louanges au Roi qui vient de naître.</span></h6>
<h6 style="text-align:center;" align="center"><span style="color:#365f91;">♦♦♦♦</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">       Amahl avança jusqu’au milieu de la pièce. Ses pas étaient d’abord lents, mais bientôt il alla plus vite.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">       — Regarde, maman, je danse ! Je saute ! Je cours ! cria-t-il.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">       Alors les trois rois défilèrent devant lui et posèrent leurs mains sur sa tête. Ensuite, ils prirent les cadeaux qu’ils avaient préparés pour l’enfant Jésus et s’apprêtèrent à partir, car il était temps pour eux de reprendre leur route.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">       Alors, se tournant vers sa mère, Amahl lui dit :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">       — Ecoute, maman, maintenant, je peux travailler, je peux jouer. Oh, s’il te plaît, laisse-moi partir avec les rois. Je veux porter moi-même ma béquille à l’Enfant.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">       — Oui, bien sûr, brave femme, laissez-le venir avec nous, dit Balthazar. Nous prendrons bien soin de lui et nous vous le ramènerons à dos de chameau.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">       La mère mit ses bras autour d’Amahl et lui dit :</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">       — Oui. Je pense que tu devrais aller remercier toi-même l’Enfant.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">       Et Amahl se précipita pour prendre ce qu’il lui fallait pour son voyage.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">       Les rois avaient tout écouté en silence.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">       Melchior et Amahl sortirent derrière Gaspard, Balthazar et le serviteur, qui se courbait de nouveau sous le poids des bagages. La caravane attendait devant la maison. Les rois, montés sur leurs chameaux, étaient encore plus impressionnants. Amahl se précipita de nouveau vers sa mère pour un dernier au revoir. Puis le serviteur l’aida à grimper sur le chameau de Gaspard. Et la caravane se mit en marche.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Amahl agitait la main en direction de sa mère. Debout dans l’embrassure de la porte de sa maison, elle fit de même en souriant. Puis, il y eut un tournant et Amahl ne vit plus sa mère ni sa maison. Il s’y appuya contre Gaspard, il sortit son pipeau et commença à jouer. Il joua d’abord pour l’Enfant, puis pour les rois, puis pour sa mère, pour les bergers, pour le serviteur et même pour le perroquet.</span></h6>
<h6 style="text-align:justify;"><span style="color:#365f91;">      Et tandis qu’il jouait, la caravane avançait.</span></h6>
<h6 style="text-align:right;"><span style="color:#365f91;">Gian Carlo Menotti</span></h6>
<h6 style="text-align:right;"><span style="color:#365f91;"><em>Amahl et les visiteurs de la nuit</em></span></h6>
<h6 style="text-align:right;" align="right"><span style="color:#365f91;">Paris, Centurion Jeunesse, 1986</span></h6>
<h6 style="text-align:right;"><span style="color:#365f91;">(Adaptation)</span></h6>
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		<title>Les Mages</title>
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		<pubDate>Mon, 31 Oct 2011 16:55:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
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		<description><![CDATA[                Matthieu rapporte qu’après la naissance de Jésus des mages s’en vinrent d’Orient à Jérusalem. Ils étaient à la recherche du roi des Juifs qui venait de naître et dont une étoile leur avait annoncé la venue.        Ces &#8230; <a href="http://noelparminous.wordpress.com/2011/10/31/les-mages/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&amp;blog=2172533&amp;post=651&amp;subd=noelparminous&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h5><span style="color:#800080;"><a href="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/10/mages.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-652" title="mages" src="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/10/mages.jpg?w=584" alt=""   /></a>       </span> </h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#800080;">       Matthieu rapporte qu’après la<em> </em>naissance de Jésus des mages s’en vinrent d’Orient à Jérusalem. Ils étaient à la recherche du roi des Juifs qui venait de naître et dont une étoile leur avait annoncé la venue.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#800080;">       Ces mages pourraient avoir été des astrologues babyloniens, experts dans l’interprétation des songes ; des membres de la caste sacerdotale perse, qui se distinguaient par un savoir surnaturel. Les Juifs chassés à Babylone avaient sans doute parlé aux astrologues du lieu de leur attente d’un Messie. L’art du christianisme primitif a représenté les Mages comme des prêtres de la religion de Mithra, la principale concurrente de l’Église naissante.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#800080;">       Il faut voir dans ce fait une signification toute particulière. Matthieu et les Pères de l’Église ont interprété l’adoration de ces Mages comme le signe que les sages et les initiés du monde entier venaient vers le Christ pour lui rendre hommage et lui apporter des présents. Tout ce que les hommes avaient jamais pu amasser de savoir et d’expérience débouchait sur l’adoration de l’Enfant divin.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#800080;">       C’est une très ample vision que Matthieu nous transmet ainsi. Où et de quelque façon que l’on soit en quête, quelque expérience que l’on accumule, en astrologie ou dans l’interprétation des songes, dans la magie ou les pratiques ésotériques, peu importe : ce que l’on retrouve au fond de tout cela, c’est la nostalgie de l’Enfant divin, du dieu qui devient visible en s’incarnant. Il y a toujours eu dans l’Église des courants qui, dans leur inquiétude, distinguaient radicalement le christianisme de toutes les autres religions et condamnaient toutes les autres voies vers le divin. Matthieu nous montre, lui, un autre chemin.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#800080;">       Il s’agit de penser jusqu’au bout le savoir du monde. On aboutit alors à ces questions : quel est le but de l’astrologie ? Que recherche l’ésotérisme, dans toutes ses branches si nombreuses et si diverses ? Le but, c’est de déchiffrer le mystère de la vie : qu’est-ce que l’homme, et qui est Dieu ? D’où venons-nous, où allons-nous ? Celui qui va jusqu’au bout de son savoir arrivera toujours au Dieu fait homme ; c’est au Christ que le mène son savoir.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#800080;">       C’est pourquoi nous n’avons pas à considérer avec inquiétude les autres voies vers le divin. Elles ne représentent aucun danger pour notre foi chrétienne. Au contraire : toutes, elles témoignent du profond désir de trouver le Roi nouveau-né, l’Enfant divin à travers lequel rayonne la majesté de Dieu.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#800080;">       Les Mages ne représentent pas seulement les autres peuples, les autres civilisations, les autres chemins de la religion, mais aussi notre propre quête. Où que celle-ci se tourne, nous sommes en route vers le Roi qui vient de naître ; en dernière analyse, tous les chemins mènent à lui. Même celui de la magie, que figurent les Mages, peut nous conduire jusqu’au Dieu fait homme.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#800080;">       Il y a une magie qui désire s’emparer du divin, en faire sa chose. Ce n’est pas elle qui nous conduira vers Dieu ; avec elle, nous nous cramponnons à notre Moi. La magie originelle, au contraire, croit que Dieu se manifeste dans ce monde, et que nous pouvons donc le connaître en accordant notre attention à l’existence terrestre et en la vivant de façon concrète. Par la naissance du Christ, Dieu s’est révélé en vérité dans la sphère de ce monde, dans la chair, dans l’être humain.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#800080;">       Mais les Mages ne parviennent jusqu’au Christ qu’en se mettant en route et en renonçant à s’emparer de Dieu par les pratiques de la magie. Leur chemin sera long, ils devront laisser derrière eux tout leur savoir et se prosterner, dans un étonnement absolu, devant le mystère de Dieu qui rayonne à travers l’enfant de Marie.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#800080;">       Dans l’Écriture, les Mages sont également qualifiés d’astrologues. Ils interprètent les étoiles du ciel, et aussi celles qui se lèvent dans nos cœurs. Si nous interprétons correctement les astres de notre destinée, nous verrons partout présente dans notre vie la main de Dieu qui, au-dessus de nous, nous protège et nous guide. Dieu lui-même nous prend par la main sur les chemins tortueux de notre vie, pour nous conduire, par-delà nos heures de chance et nos heures de déception, jusqu’à l’Étoile qui brille au-dessus de l’Enfant divin.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#800080;">       Même si souvent, dans notre nuit obscure, nous ne la voyons plus, quand nous nous sentons abandonnés de Dieu sur notre route, Dieu nous conduit jusqu’au lieu où nous nous prosternerons, où nous pourrons nous oublier nous-mêmes, libérés de nos ruminations sur le chemin parcouru. Là où nous parvenons à nous oublier, nous sommes au but, tout à nous-mêmes et tout en Dieu.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#800080;">       L’étoile au firmament de ton cœur, c’est l’image de la nostalgie qui te meut. Fais confiance à ta nostalgie, suis-la jusqu’au bout. Elle ne te laissera pas de trêve avant que tu n’aies trouvé Dieu, son but ultime et le tien. La route sera parfois difficile ; le désir se fera pure douleur, parce que le véritable objet de la quête ne sera pas encore atteint.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#800080;">       Mais tu trouveras Dieu si tu te laisses conduire par ta nostalgie ; elle te mènera jusqu’à la maison où se trouvent Marie et l’Enfant divin. Là où tu prendras celui-ci dans tes bras maternels, tu seras vraiment à la maison — chez toi.</span></h5>
<h5><span style="color:#800080;"> </span></h5>
<h5><span style="color:#800080;"> </span></h5>
<h5 align="right"><span style="color:#800080;">Anselm Grün</span></h5>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/noelparminous.wordpress.com/651/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/noelparminous.wordpress.com/651/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/noelparminous.wordpress.com/651/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/noelparminous.wordpress.com/651/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/noelparminous.wordpress.com/651/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/noelparminous.wordpress.com/651/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/noelparminous.wordpress.com/651/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/noelparminous.wordpress.com/651/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/noelparminous.wordpress.com/651/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/noelparminous.wordpress.com/651/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/noelparminous.wordpress.com/651/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/noelparminous.wordpress.com/651/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/noelparminous.wordpress.com/651/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/noelparminous.wordpress.com/651/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&amp;blog=2172533&amp;post=651&amp;subd=noelparminous&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Le silence et le calme</title>
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		<pubDate>Mon, 31 Oct 2011 16:39:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>contesarever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Avent]]></category>
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		<category><![CDATA[Paix]]></category>
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		<description><![CDATA[                  On nomme l’Avent le temps du silence. Bien des êtres, pourtant, le vivent plutôt comme celui du bruit et de l’agitation. Les gens se pressent dans les magasins pour expédier leurs achats de Noël. Et cependant, le &#8230; <a href="http://noelparminous.wordpress.com/2011/10/31/le-silence-et-le-calme/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&amp;blog=2172533&amp;post=643&amp;subd=noelparminous&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h5><span style="color:#000080;">       <a href="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/10/le-silence-et-le-calme.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-646" title="Le silence et le calme" src="http://noelparminous.files.wordpress.com/2011/10/le-silence-et-le-calme.jpg?w=584" alt=""   /></a></span></h5>
<h5>  </h5>
<h5 style="text-align:justify;"> <span style="color:#000080;">       On nomme l’Avent le temps du silence. Bien des êtres, pourtant, le vivent plutôt comme celui du bruit et de l’agitation. Les gens se pressent dans les magasins pour expédier leurs achats de Noël. Et cependant, le silence est nécessaire afin que Dieu puisse venir jusqu’à nous. Sans le silence, nous ne percevrons pas sa venue, nous ne l’entendrons pas frapper à la porte de notre cœur.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">       En allemand, la notion de silence est associée à celle d’immobilité. Pour faire en nous le silence, nous devons donc nous arrêter, cesser de courir çà et là et de nous agiter, et rester seuls avec nous-mêmes. C’est seulement en m’immobilisant que je me rencontrerai moi-même. Alors, je ne peux plus vivre mon agitation au-dehors ; alors, c’est en moi que je la perçois.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">       Seul parvient au silence, au calme, celui qui sait résister à sa propre agitation. La langue allemande associe également, dans un seul et même vocable [<em>Stille, stillen</em>], le calme et l’allaitement du nourrisson. En allaitant l’enfant qui crie sa faim, la mère le calme. De même, il me faut apaiser les cris intérieurs de mon âme. Quand je ne m’agite plus au dehors, mon cœur manifeste sa faim ; il crie parce qu’il est insatisfait.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">       Il a besoin de nourriture, et je dois me consacrer à lui, maternellement, pour qu’il s’apaise. Or bien des gens ont peur d’écouter leur cœur qui crie sa faim ; ils préfèrent l’ignorer, en se déplaçant sans cesse, toujours en hâte. Mais leur cœur continue à crier, il ne se laisse pas ignorer, il a besoin d’attention, de nourriture.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">       « <em>En Dieu seul le repos pour mon âme</em> », dit un Psaume (62 [61], 1).</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">       Nous chantons toujours ce Psaume le mercredi à complies ; chaque fois, il me touche. Je ne parviens pas à calmer moi-même mon cœur ; quand j’écoute son cri, je sens qu’il a faim de tout autre chose que ce que je suis en mesure de lui donner. C’est Dieu qu’il désire ; en Dieu seul il parvient à un vrai repos.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">       Toi qui me lis, accorde-toi, pendant l’Avent, des moments de silence et de calme pour te mettre en quête de Dieu. Et quand, dans le silence, s’élèvera tout d’abord le bruit intérieur, alors supporte-le, simplement. Arrête-toi, reste immobile ; présente ton cœur qui crie à Dieu, afin qu’il en apaise la faim. Alors le silence te deviendra bienfaisant ; alors, tu pourras y baigner ton âme. Tu supporteras d’être face à toi dans ta propre vérité, tu pourras même goûter le fait d’être tout simplement avec toi-même devant Dieu. Dans le silence, personne ne te demande rien, tu peux y être tel que tu es, en toute simplicité.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">       Le silence n’est pas requis seulement pendant l’Avent, mais aussi à Noël. Pour moi, célébrer la nuit de la Nativité implique qu’après la célébration en commun je consacre trois heures à méditer dans la solitude, à écouter une partie de l’<em>Oratorio de Noël </em>et à tendre l’oreille dans le silence. Car je sais que Dieu ne peut naître en moi que dans le silence.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">       Le deuxième dimanche après Noël, nous chantons au début de la messe un passage du Livre de la Sagesse : « <em>Alors qu’un silence paisible enveloppait toutes choses, et que la nuit parvenait au milieu de sa course rapide, / du haut des cieux, la Parole toute-puissante s’élança du trône royal</em> » (Sagesse, 18, 14-15). Dieu ne descendra dans mon cœur que lorsque s’y seront établis le silence et le calme. C’est au plus intime du silence, la parole humaine s’étant tue, que se produit la naissance de Dieu.</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;">       Je ne peux pas, en me taisant, forcer Dieu à descendre vers moi ; mais mon silence est la condition requise pour que je perçoive sa présence en moi. En faisant silence, je descends dans mes propres profondeurs, et le chemin qui y mène passe par l’obscurité de ma nuit, par la nuit de mon angoisse et de ma solitude. Alors je quitte le trône de ma royauté, sur lequel je siège dans l’assurance et d’où je détermine et conduis ma vie. Alors je me penche jusqu’au fond de mon âme. Car c’est là seulement que Dieu peut naître en moi ; c’est seulement dans les profondeurs de mon cœur, là ou ne pénètre plus le bruit de l’extérieur, que Dieu veut se faire homme en moi.</span></h5>
<h5><span style="color:#000080;"> </span></h5>
<h5><span style="color:#000080;"> </span></h5>
<h5 align="right"><span style="color:#000080;">Anselm Grün</span></h5>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/noelparminous.wordpress.com/643/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/noelparminous.wordpress.com/643/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/noelparminous.wordpress.com/643/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/noelparminous.wordpress.com/643/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/noelparminous.wordpress.com/643/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/noelparminous.wordpress.com/643/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/noelparminous.wordpress.com/643/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/noelparminous.wordpress.com/643/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/noelparminous.wordpress.com/643/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/noelparminous.wordpress.com/643/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/noelparminous.wordpress.com/643/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/noelparminous.wordpress.com/643/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/noelparminous.wordpress.com/643/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/noelparminous.wordpress.com/643/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=noelparminous.wordpress.com&amp;blog=2172533&amp;post=643&amp;subd=noelparminous&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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